Sarkozy accuserait Fillon d'être «le pire des traîtres»

POLITIQUE Selon «Le Monde», la rivalité entre les deux hommes motiverait le retour prochain en politique de l'ancien président de la République...

N. Bg.

— 

François Fillon et Nicolas Sarkozy à l'aéroport de Roissy le 20 mars 2012.
François Fillon et Nicolas Sarkozy à l'aéroport de Roissy le 20 mars 2012. — FEFERBERG-POOL/SIPA

Les rumeurs et confidences parlant d’un retour en politique de Nicolas Sarkozy ont dû débuter dès le lendemain de sa défaite à la présidentielle, mais les raisons et conditions de ce retour paraissent plus claires au fil des jours.

Ce samedi, c’est du Monde que vient un nouveau détail qui n’arrangera pas les affaires des partisans de l’unité à l’UMP. Selon le quotidien, c’est en effet le dynamisme politique de François Fillon qui pousserait Nicolas Sarkozy à sortir du bois. «C’est le pire des traîtres, il n’est pas capable de me dire en face ce qu’il dit dans les médias», se serait emporté l’ancien chef d’Etat en visant son ancien Premier ministre, face à un visiteur de ses bureaux parisiens de la rue de Miromesnil.

«Dépouiller Fillon un à un de tous ses soutiens»

Dans son long article analysant la préparation du retour sur le devant de la scène de Nicolas Sarkozy, Le Monde évoque aussi la façon dont l’ancien Président tente d’attirer à lui les partisans de son ex-chef de gouvernement. Les fillonistes Barouin, Estrosi, Pécresse ou Ciotti auraient ainsi été approchés. «Fais attention. A un moment, il faudra choisir», aurait-il récemment dit à ce dernier.

Un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy évoque même auprès du Monde la volonté de Nicolas Sarkozy de «dépouiller Fillon un à un de tous ses soutiens».

Invité de «Des Paroles et des Actes» le 6 juin dernier sur France 2, François Fillon n’avait pas hésité à pointer ses différences avec l’ancien chef de l’Etat: «Je l’ai suivi loyalement comme Premier ministre, on a un caractère différent, une vision différente de l’avenir (…) Aujourd’hui, je veux conduire mon projet politique. Nicolas Sarkozy a dit qu’il voulait se retirer de la vie politique, je ne l’ai jamais entendu dire le contraire.» «S’il voulait revenir», «les Français choisiront», avait-il conclu.