Législative partielle dans le Lot-en-Garonne: Un front républicain pour faire gagner l'UMP

Anne-Laëtitia Béraud

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Etienne Bousquet-Cassagne (FN, à gauche) et Jean-Louis Costes (UMP) s'affrontent au second tour des élections législatives partielles de la troisième circonsription du Lot-et-Garonne, le 19 juin 2013 à Villeréal.
Etienne Bousquet-Cassagne (FN, à gauche) et Jean-Louis Costes (UMP) s'affrontent au second tour des élections législatives partielles de la troisième circonsription du Lot-et-Garonne, le 19 juin 2013 à Villeréal. — M. FEDOUACH/AFP PHOTO

Après avoir éjecté le candidat socialiste au premier tour de la législative partielle de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne, les électeurs votent dimanche pour départager les candidats UMP et FN. Qui, de Jean-Louis Costes (UMP) ou d’Etienne Bousquet-Cassagne (FN) succèdera au siège de député Jérôme Cahuzac?

>> L'analyse du scrutin par Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche à lire par là

Si après sa défaite, le socialiste a appelé ses électeurs à reporter leurs voix sur le candidat UMP, le parti de droite n’est pas assuré d’un succès facile. «A priori, avec les voix de gauche, le candidat UMP prétend à la victoire. Mais le ressentiment lié à l’affaire Cahuzac est très fort, ce qui peut motiver un vote de protestation ou une abstention forte», analyse le politologue Eddy Fougier, chercheur associé à l’IRIS. Néanmoins, «ce serait un vrai choc si le FN gagnait cette élection», estime-t-il.

Le «front républicain» comparé à «un montage»

Cette stratégie du «front républicain» représente évidement une menace pour le FN, qui voit s’échapper l’hypothèse d’amener un troisième député à l’Assemblée nationale. Jeudi, le député du Rassemblement bleu marine, Gilbert Collard, a ainsi comparé ce «front républicain» à un «montage pour permettre à des partis qui s'entendent pour perdurer».

Quant à la gauche, elle se veut placide après son échec à cette élection. «Ces élections partielles ne sont jamais favorables à un gouvernement en place», a expliqué la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem mercredi, lors d’un point presse. «Certes, mais certains commencent sérieusement à se questionner pour les municipales de 2014. Entre une situation économique difficile et des bisbilles entre la gauche et ses alliés, certains vont tomber», analyse Eddy Fougier. De quoi réjouir Florian Philippot, vice-président frontiste, qui a estimé mercredi que le FN «est en train de s'imposer comme le premier parti en France».