Transparence: L’appel des dix députés fait grincer des dents à l’Assemblée

POLITIQUE Alors que l’hémicycle est en plein examen du texte sur la transparence...

M.P. avec AFP

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L'hémicycle de l'Assemblée Nationale lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013.
L'hémicycle de l'Assemblée Nationale lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Les dix députés de tous partis qui ont dénoncé leurs propres privilèges mercredi dans Le Nouvel Observateur ont provoqué la colère de la plupart de leurs pairs qui les accusent de donner dans la démagogie. Dès qu’il a pris connaissance de leurs propositions, Claude Bartolone fulminait dans les couloirs de l’Assemblée: «Je commence à en avoir ras-le-bol de ces députés qui se font une réputation sur le dos des autres», a rapporté Le Monde. Se sentant attaqué alors que la majorité a proposé un texte sur la transparence, le groupe PS piloté par Bruno Le Roux a parlé de «poujadisme ignorant». Et  s’est défendu ainsi: «Depuis un an, la majorité de gauche fait la nuit du 4 août tous les jours en normalisant le statut des députés, en renforçant la transparence, le contrôle et la sanction des comportements illégaux, en réformant le mandat des élus et le fonctionnement de l'institution».

A l’UMP,  évidemment, cette initiative ne passe pas. Et c’est Laurent Wauquiez, qui a proposé d’aligner le régime des retraites des députés sur le régime commun, qui est dans le viseur. Sur RMC, Henri Gaino s’est lui dit «scandalisé» par cette «vague terrible de démagogie qui déferle sur notre pays et notre Assemblée. On ne va pas résoudre les problèmes de corruption et de malhonnêteté par la suspicion». Eric Woerth, sur iTélé, a également parlé de «démagogie». «Evidemment il faut qu’il y ait plus de transparence, de justice. Ce que disent ces dix parlementaires, c’est démagogique, c’est une bonne manière de se faire de la pub sur le dos des uns et des autres», tacle-t-il.

Ceux qui veulent jouer les «M. Propre»

Ce jeudi matin, Christian Jacob a adressé une lettre aux députés UMP attaquant  ceux qui se livrent dans ses rangs au «concours du plus vertueux». Rappelant que le groupe UMP avait décidé de s’opposer au projet de loi sur la transparence de la majorité car il constitue «une manœuvre de diversion», le chef de file des députés vise Wauquiez sans le nommer: «Quelques-uns d'entre nous ont décidé de médiatiser des propositions qui ont pour conséquence de donner à la majorité le sentiment que nous serions divisés. Elle ne se gêne pas pour le faire remarquer depuis le début des débats en séance et c'est souvent difficilement supportable».

Bernard Roman, député PS, s’est également dit «scandalisé» par les propositions de ses dix jeunes collègues, jugeant qu’ils nourrissaient «le populisme» à force «de vouloir jouer les M. Propre». Il a par ailleurs dénoncé «les fantasmes» à propos du régime de retraite des parlementaires, désormais «aligné sur les fonctionnaires». «On veut nous donner des leçons de quoi? Il faut arrêter car cela donne un sacré coup de main au populisme et au candidat du FN au second tour de la législative partielle de dimanche prochain à Villeneuve-sur-Lot», a-t-il lâché.