Dix députés lancent un appel à l'abolition de leurs «privilèges»

F.V.

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Les débats à l'assemblée nationale le 10 avril 2013.
Les débats à l'assemblée nationale le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Alors qu’une loi sur la moralisation de la politique doit voir le jour, et que la défiance envers les politiques ne cesse d’augmenter (77% des Français considèrent que leurs élus sont «malhonnêtes», selon un sondage OpinionWay réalisé en pleine affaire Cahuzac), dix élus de droite comme de gauche lancent un appel dans le Nouvel Observateur de ce jeudi pour réclamer l’abolition de leurs privilèges.

Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, propose de «publier  les augmentations de patrimoine  entre le début et la fin du mandat parlementaire» afin de lutter contre l'opacité, qui  «crée les fantasmes quand la transparence permet de lutter contre le populisme».

Laurent Wauquiez, député UMP de Haute-Loire, appelle à l’«alignement complet [du régime des parlementaires] sur le régime de droit commun». «Je suis opposé au régime spécial des parlementaires comme je suis contre les régimes spéciaux d'EDF ou de la SNCF», explique-t-il.

Bruno Le Maire, député UMP de l'Eure, affirme que «notre pays n'a pas vocation à être dirigé par une promo de l'ENA. Il faut obliger tous les hauts fonctionnaires à remettre leur démission lorsqu'ils deviennent parlementaires.»

Gérald Darmanin, député UMP du Nord, propose «d’autoriser l'achat d'une permanence uniquement avec ses deniers personnels», ce local qui permet au député de recevoir ses administrés dans sa circonscription.

François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique, affirme que «le statut des lobbys présents à l'Assemblée nationale n'est pas clair» et demande qu’à «chaque organisation de colloque, il [faille] dire qui organise, à quel prix et dans quel but.»

Barbara Pompili, députée EELV de la Somme, propose une réforme de l’assurance-chômage et la création d’un «statut du député, qui donne des droits, forme à des métiers et valide les acquis d'expérience» afin de «lutter contre le cumul des mandats dans le temps.»

Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne, propose de «fiscaliser les frais afférents à l'exercice du mandat parlementaire» afin de mettre fin au «non-dit savamment entretenu qui crée légitimement la suspicion dans l'opinion».

Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis, appelle à «mettre fin à l’opacité des groupes d’amitié» de l’Assemblée nationale, qui sont «le lieu d'une diplomatie parlementaire en lien avec un pays» mais  souffrent d’un « manque de transparence».

Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, souhaite «adopter le mandat parlementaire unique», qui serait aussi «un outil majeur de renouvellement de la classe politique» et un «enjeu démocratique».

Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes, propose quant à elle de «publier la réserve parlementaire», la somme allouée aux députés et aux sénateurs «qui peuvent la donner à qui ils veulent».