Elections municipales 2014: Le Front national prépare son heure

POLITIQUE Le parti présidé par Marine Le Pen a déjà investi 500 têtes de liste pour les élections municipales de 2014...

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen lors du traditionnel défilé du Front national le 1er mai 2013, à Paris.
Marine Le Pen lors du traditionnel défilé du Front national le 1er mai 2013, à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

L’ex-fief socialiste de Villeneuve-sur-Lot passera, dimanche, à droite ou à l’extrême droite. Le PS exclu du scrutin, Jean-Louis Costes (UMP) et Étienne Bousquet-Cassagne (FN) s'affronteront au second tour de cette législative partielle pour succéder à Jérôme Cahuzac, par qui le scandale de l’évasion fiscale a éclaté.

Par la voix de son jeune candidat, qui postule par ailleurs à Tonneins (Lot-et-Garonne) en 2014, le Front national s’offre une vitrine à neuf mois des municipales. «Il y aura une vague bleu Marine à ces élections», promet la présidente du parti, Marine Le Pen. Cela signifierait, pour le FN, dépasser son score de 1995, date à laquelle il avait raflé Toulon, Orange et Marignane, et gagner un ancrage local qui lui manque toujours. Le FN a, pour le moment, investi 500 têtes de liste, contre 130 en 2008.

Villes moyennes et périurbaines ciblées

Pour ces élections, le parti cible les villes moyennes et périurbaines, de 15.000 à 50.000 habitants, des communes qui ont apporté le gros des millions de voix à Marine Le Pen à la dernière présidentielle. «C’est l’une de nos stratégies, car nous avons eu de bons résultats aux élections présidentielle et législatives dans ce type de villes», précise à 20 Minutes Nicolas Bay, secrétaire général adjoint du FN et directeur de campagne pour les municipales de 2014.

Quant aux plus grandes villes, où le parti baisse régulièrement aux élections, «les chiffres ne sont pas mauvais», assure le frontiste. «Nous faisons des scores intéressants à Montpellier, Perpignan, Le Havre, Toulon, Marseille ou Nice», détaille-t-il. Nice, où sont implantés les Identitaires, courtisés par le FN. Mais, assure Nicolas Bay, «ce sont les partenaires qui viennent à nous pour faire des accords, pas nous».

«Nous avons des liens avec des candidats divers droite, des sans-étiquette, des UMP... En septembre, nous établirons une charte qui précisera les conditions d’accords politiques», glisse-t-il. «Et nous verrons aussi ce qui se passe entre les deux tours des municipales», ajoute le frontiste. Le parti pourrait en effet nouer des alliances de dernière minute et ainsi remporter des sièges dans les conseils municipaux.

Des villes du Nord et du Sud-Est

Dans l’Hexagone, le Sud-Est et le Nord sont particulièrement choyés. Sur les 500 listes actuellement investies, 21 le sont dans les Bouches-du-Rhône, 26 dans le Var, 19 dans le Nord et 18 dans le Pas-de-Calais. Et parmi les villes les plus convoitées, figurent Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Cavaillon (Vaucluse), Carpentras (Vaucluse), L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), Istres (Bouches-du-Rhône) ou encore Fréjus (Var).

Quant aux candidats FN ou «Rassemblement bleu Marine», dont un bon nombre avaient été raillés aux cantonales et aux législatives pour leur inexpérience, certains suivent des séminaires appelés «campus bleu Marine» pour se «professionnaliser». Sont prodigués lors de ces sessions des conseils sur la communication politique, les règles des financements politiques ou encore la constitution des listes.

«Il y avait pas mal de primo-candidats aux élections de 2011 et de 2012, grâce à un renouvellement au sein du parti», reconnaît Nicolas Bay. «Mais ces candidats, qui se sont présentés aux dernières élections, se sont fait progressivement un nom, ce qui tournera en leur faveur pour les municipales», ajoute-t-il.