Syrie: Hollande critique la Russie, a peu d'illusions sur des avancées au G8

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Tout juste, MM. Poutine et Hollande se sont-ils entendus au cours d'un entretien qualifié de "cordial, sérieux et franc" par la partie française, sur "la nécessaire mobilisation pour faire aboutir le processus de Genève, pour une transition politique en Syrie et la fin des violences".
Tout juste, MM. Poutine et Hollande se sont-ils entendus au cours d'un entretien qualifié de "cordial, sérieux et franc" par la partie française, sur "la nécessaire mobilisation pour faire aboutir le processus de Genève, pour une transition politique en Syrie et la fin des violences". — Peter Muhly POOL

Le président français François Hollande a critiqué lundi les livraisons d'armes de la Russie au régime de Damas, et estimé qu'il ne fallait pas avoir «trop d'illusions» quant à des avancées sur le dossier syrien au sommet du G8 en Ulster.

«Comment peut-on admettre que la Russie continue de livrer des armes au régime de Bachar al-Assad alors que l'opposition n'en reçoit que très peu et est aujourd'hui massacrée ?», a déclaré M. Hollande à quelques journalistes à son arrivée à Lough Erne, en Irlande du Nord.

«Comment peut-on admettre qu'il y ait maintenant des preuves qu'il y a eu des armes chimiques sans qu'il y ait une condamnation unanime de la communauté internationale et du G8 ?», a poursuivi le président français, après que la Russie a fait part de son scepticisme concernant les preuves produites par les Occidentaux.

M. Hollande doit rencontrer en tête à tête son homologue russe Vladimir Poutine peu avant l'ouverture du sommet en milieu d'après-midi. M. Poutine s'entretiendra en début de soirée avec le président américain Barack Obama.

«Je pense qu'il ne faut pas avoir trop d'illusions, ce n'est pas ici, au G8, que nous allons trouver la solution. Mais ça peut être une étape, ça peut être un moment où chacun prend conscience de ce que la Syrie traverse», a dit le président français.

«Il y aura cette discussion, non pas pour mettre la Russie de côté ou pour la mettre à l'index, mais pour lui faire comprendre que, dans l'intérêt de la région, de la paix du monde, il doit y avoir cette conférence (de paix) de Genève pour trouver une issue politique», a poursuivi M. Hollande.

Washington et Moscou tentent d'organiser une conférence internationale pour ouvrir des négociations entre les belligérants syriens, mais son organisation reste encore sujette à caution compte tenu des désaccords entre les protagonistes.

«Le plus tôt serait le mieux», a insisté M. Hollande, alors que la conférence, initialement prévue en juin, se déroulera au mieux en juillet.

Le conflit en Syrie a fait près de 100.000 morts depuis mars 2011.