Arbitrage Tapie: Nicolas Sarkozy charge Claude Guéant

JUSTICE D'après des confidences rapportées par Europe1...

M.P.

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Accusé par Mediapart de piloter des opérations illégales de surveillance de journalistes, le bras droit du président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a décidé de contre-attaquer en portant plainte contre le site d'information en ligne.
Accusé par Mediapart de piloter des opérations illégales de surveillance de journalistes, le bras droit du président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a décidé de contre-attaquer en portant plainte contre le site d'information en ligne. — Thomas Samson AFP/Archives

L’enquête sur l’arbitrage privé en faveur de Bernard Tapie pour déterminer s’il y a eu ou non des pressions de l’Elysée pour recourir à cette procédure avance à grands pas. Et d’après Europe 1, l’affaire «obsède» Nicolas Sarkozy qui est «ulcéré» que l’arbitrage soit contesté et qu’il soit, in fine, mis en cause. «Il tourne en boucle» sur le sujet, confie un proche de Nicolas Sarkozy qui a déjà préparé sa défense.

«Je ne suis jamais intervenu», dit l’ex-chef de l’Etat qui charge Claude Guéant, son secrétaire général de l’Elysée à l’époque. D’après la version rapportée par la radio, c’est Claude Guéant qui a apporté cette solution clé en main à Nicolas Sarkozy, lui expliquant que ce litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais avait déjà coûté 20 millions d’euros à l’Etat et que cette solution de l’arbitrage privé permettrait de clore l’histoire. Nicolas Sarkozy dit avoir fait confiance à son «cardinal» et avoir choisi cette solution, non dans l’intérêt de l’homme d’affaires mais par soucis de l’intérêt général.

Guéant bientôt convoqué?

Nicolas Sarkozy rappelle enfin que les trois juges arbitres désignés pour statuer ne passent pas pour être des sarkozystes. Jean-Denis Bredin est un avocat classé à gauche et Pierre Mazeaud, certes de droite, passe pour détester Nicolas Sarkozy.

Ces éléments pourraient accélérer la prochaine convocation de Claude Guéant dans ce dossier. Car après les mises en examen de Stéphane Richard, l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde et de Jean-François Rocchi, le président de la structure chargée d’apurer le passif du Crédit Lyonnais, la logique voudrait que les juges remontent jusqu’à l’Elysée. Claude Guéant, rappelle Europe 1, a reçu plusieurs fois Bernard Tapie à l’Elysée et qu’il a organisé une réunion visant à valider l’arbitrage.