Thème N°8 : l'insécurité

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A cette heure de la journée, la cité était quasiment déserte à l'exception de quelques rares passants partant travailler. Seules quelques têtes se sont penchées aux fenêtres, alertées par le déploiement policier.
A cette heure de la journée, la cité était quasiment déserte à l'exception de quelques rares passants partant travailler. Seules quelques têtes se sont penchées aux fenêtres, alertées par le déploiement policier. — Joël Saget AFP
Pour les Français, mieux vaut prévenir que sévir

Une pierre dans le jardin des partisans du tout sécuritaire. Les Français ne croiraient pas en la répression pour répondre à l’insécurité. Une information qui ressort de la dernière livraison du Manifeste 2007 20 Minutes-RMC. Selon le sondage LH2 que nous publions ce matin, 63 % des personnes interrogées considèrent que la « lutte contre le chômage et l’exclusion sociale » est le meilleur moyen de combattre l’insécurité, contre 24 % seulement qui veulent « concentrer les efforts et les moyens sur la répression et l’action judiciaire ».
Plus précis encore, un an après les émeutes en banlieue, ils sont 62 % à vouloir mettre la priorité sur l’éducation pour «améliorer la situation dans les cités», contre 27% sur la répression.«Ces résultats
sont surprenants car ils sont en rupture avec les enquêtes menées sur les mêmes thèmes ces dernières années, estime François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2.
Cela tendrait à prouver que la méthode de Nicolas Sarkozy associée à la répression ne suffit plus aux Français, même s’ils continuent globalement à l’approuver. »
Politiquement, le clivage gauche-droite se creuse nettement selon le sondage. Les sympathisants UMP
plaident avant tout pour « sanctionner les parents
d’enfants délinquants » (53 %) et pour davantage de répression (45 %). A l’opposé, les sympathisants socialistes réclament une plus grande lutte contre le
chômage (75 %) et un meilleur dialogue entre police et jeunesse (56 %). Une préoccupation nouvelle
qui pourrait se répercuter dans les urnes lors de l’élection présidentielle. « La gauche et Lionel Jospin
ont perdu la présidentielle en 2002 notamment parce qu’on leur a reproché leur angélisme en matière d’insécurité. En 2007, la droite et Nicolas Sarkozy pourraient, par un mouvement de balancier, payer cher leur choix de la répression contre la prévention », analyse François Miquet- Marty.
Preuve de ce souci à droite, hier, Dominique de Villepin, faisant le point sur les banlieues, a déclaré : « La sécurité est une priorité, mais nous devons aussi travailler dans le domaine éducatif. »

Bastien Bonnefous

 

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