La galaxie des nouveaux antifascistes

POLITIQUE Construits localement, très autonomes et très réactifs, ils sont apparus en pleine lumière après la mort de Clément Méric...

Matthieu Goar

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Rassemblement en hommage à Clément Méric mort des suites d'une agression la veille rue Caumartin, le 6 juin 2013.
Rassemblement en hommage à Clément Méric mort des suites d'une agression la veille rue Caumartin, le 6 juin 2013. — VINCENT WARTNER/20MINUTES

Au lendemain de la mort de Clément Méric, ils sont apparus en pleine lumière lors de rassemblements dans beaucoup de villes de France. «A jamais, un des nôtres », pouvait-on lire sur les t-shirts. «No Pasaran» ou « Antifa, Antifa», scandaient ces milliers de jeunes qui ont honoré la mémoire de leurs amis en déposant des fleurs mais aussi en taguant des murs.

La galaxie des nouveaux antifascistes est vaste,  très diverse et mouvante en fonction des événements. A tel point que les forces de police ont du mal à donner leur nombre. Clémént Méric militait par exemple pour le groupe Action antifasciste Paris-banlieue. Créée en 2012, Créée en 2012, cette organisation «qui se fixe comme objectifs de connaître, analyser et combattre les organisations et modes de pensée pouvant être qualifiés d’extrême droite» revendique sur sa page Facebook des actions d’agit prop  mais se veut surtout «indépendante de toute autre organisation se réclamant de l’Action Antifasciste». 

Une nouvelle forme de militantisme

«C’est assez typique d’une nouvelle forme de militantisme qui se construit loin d’un parti monolithique ou d’un léninisme d’une seule teinte», résume Nicolas Lebourg, politologue. Des plateformes comme antifa-net ou des sictes d’actualité comme Reflex permettent d’avoir un aperçu des différents groupes.

De nombreuses associations se construisent localement (par exemple -Jura Libertaire ou Redskins de Limoges), en fonction des départements, des facultés. D’autres se fondent temporairement par rapport à des événements (les expulsions de Roms, par exemple, ou le Mariage pour tous).  Liés par réseaux sociaux interposés, ils mènent d’abord des actions de surveillances des groupes d’extrême droite, par exemple le Bloc identitaire. Voir par exemple les nombreux sites Fafwatch qui surveillent ceux qu’ils considèrent comme des ennemis. Disponible également en ligne des infographies explicatives des droites radicales.

Une violence de riposte mais une imagerie explicite

Le site de La Horde a par exemple expliqué les liens entre Martine Le Pen et les JNR, une info également utilisée par Le Petit journal et déjà révélée par nos confrères du Monde sur leur blog Droites extrêmes.  Ils reconnaissent utiliser la violence, mais seulement en réponse à celle de l’extrême droite «qui en fait un élément constitutif de son langage», explique «Aussi, si le recours à la violence est l’une des préoccupations des militants antifascistes, c’est qu’il est un mal nécessaire dans le cadre d’une lutte qui se veut autonome», peut-on lire dans un texte de La Horde. Leur imagerie n’hésite pourtant pas à utiliser les armes.