La primaire à Paris, un exemple à suivre pour l'UMP en 2016?

POLITIQUE Le système d'une primaire en 2016 pour choisir le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle ne fait pas que des heureux à l'UMP...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé, Alain Juppé et François Fillon (de gauche à droite) à Bordeaux, le 3 mai 2012.
Jean-François Copé, Alain Juppé et François Fillon (de gauche à droite) à Bordeaux, le 3 mai 2012. — JEAN-PIERRE MULLER/AFP

La droite et les primaires, ce serait un peu le refrain de «je t’aime, moi non plus»… Au lendemain de la victoire de Nathalie Kosciuko-Morizet à la primaire de l’UMP pour les municipales parisiennes de 2014, certains s’interrogent toujours sur l’utilité d’une telle élection, tandis que les problèmes de la primaire parisienne, entre les déchirements et la faiblesse de la technologie, sont poussés sous le tapis.

Ce mardi, on estime être passé «près du précipice» avec cette primaire parisienne, selon le terme de Valérie Pécresse sur I-télé, mais on estime que ce système de primaire est désormais acté. La commission de révision des statuts de l’UMP, présidée par François Fillon et Jean-François Copé, a accepté l’idée d’une primaire déterminant le candidat du parti se présentant à la présidentielle de 2017. Le projet sera soumis au vote des militants courant juin.

Même traitement pour Nicolas Sarkozy

La primaire pour tous, ce serait donc maintenant. Et même Nicolas Sarkozy, qui donnerait des signes d’un retour en politique, devrait s’y soumettre. Jean-François Copé, qui affirmait pendant sa campagne pour la présidence de l'UMP qu’il serait «aux côtés» de Nicolas Sarkozy «quelle que soit sa position», tranche ce mardi sur France 2: «Les choses ont été dites. Il est prévu que nous ayons des primaires pour désigner notre candidat à l'élection présidentielle», déclare-t-il. Ancien Président ou non, le traitement sera donc le même que les prétendants François Fillon ou Xavier Bertrand.

Mais les primaires restent en travers de la gorge de certains. Pourquoi ouvrir les hostilités à droite en vue de 2017, alors que le parti n’arrive toujours pas à surmonter l’absence de Nicolas Sarkozy et à pacifier la relation Fillon/Copé ou encore définir une ligne idéologique claire? Comment abandonner le pilier gaulliste de la «rencontre entre un chef et le peuple»? Comment, surtout réussir des consultations internes qui ont souvent viré au pugilat? En effet, la primaire UMP de 2006 pour les municipales à Paris, qui vit Françoise de Panafieu vainqueur, s’est soldée par des haines tenaces entre Jean Tibéri, Pierre Lellouche et Claude Goasguen. Quatre ans plus tard, la primaire pour les élections régionales en Ile-de-France de 2010 s’est apparentée à un combat acide entre Valérie Pécresse et Roger Karoutchi. Quant à la présidence de l’UMP, en novembre 2012, les coups entre pro-Fillon et pro-Copé ne sont toujours pas digérés.

Un Conseil national de l’UMP à même de choisir un candidat

Alors, organiser une primaire en 2016 pour trouver un champion pour l’élection présidentielle de 2017, est-ce une si bonne idée? Certains le contestent. L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin exprime ses doutes sur la primaire le 23 mai sur France Inter, sceptique à l’idée que l’UMP adopte une pratique venue du PS qui «fragilise» les candidats. Il estime, à propos de la campagne de Nathalie Kosciuko-Morizet à Paris: «Avant d'affronter ses propres adversaires, elle est déjà fragilisée par ses amis [pendant cette primaire]».

Les 1er et 2 juin, c’est au tour du couple Balkany de s’insurger contre le système de primaire. Au lendemain du coup d’éclat de Pierre-Yves Bournazel, qui appelle à la suspension du vote et dénonce des pratiques de l’équipe de NKM, le député-maire de Levallois-Perret estime sur Europe 1 que la primaire UMP à Paris est «une absurdité». Le député-maire de Levallois-Perret préconise d’«enterrer les primaires (…). Nous avons un Conseil national qui est tout à fait à même de décider quel candidat il doit soutenir. (...) Ce sont les militants qui doivent choisir eux même leur représentant au Conseil national», ajoute-t-il. Le lendemain, son épouse écrit sur Twitter que «ce n'est décidément pas notre culture. Je ne voterai pas de statuts prévoyant des primaires en 2017». Les primaires à l’UMP n’ont pas encore fini de faire parler d’elles.