Municipales à Paris: Nathalie Kosciuko-Morizet peut-elle gagner?

POLITIQUE Au lendemain de sa victoire, les défis que la candidate UMP doit relever pour prétendre à la victoire à Paris...

Anne-Laëtitia Béraud

— 

Nathalie Kosciusko-Morizet a remporté la primaire à Paris avec 58% des voix, le 3 juin 2013.
Nathalie Kosciusko-Morizet a remporté la primaire à Paris avec 58% des voix, le 3 juin 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Nathalie Kosciusko-Morizet, jour 1 de sa nouvelle campagne électorale. Au lendemain de sa victoire à la primaire ouverte de l’UMP pour les municipales à Paris, NKM est désormais la candidate du parti d’opposition pour ces élections qui se tiendront dans dix mois. Face à sa rivale socialiste Anne Hidalgo, l’ancienne ministre et porte-parole de Nicolas Sarkozy doit réussir plusieurs défis pour décrocher la Mairie de Paris en 2014.

Apaiser la droite parisienne

La primaire ouverte de l’UMP s’est révélée délétère, et si la droite parisienne clame depuis lundi soir son rassemblement, les divisions, qui durent depuis des années, ne vont pas se résoudre de sitôt. A la charge de NKM d’apaiser les opposants au mariage homo et les membres de la Droite forte, influencés par l’idéologue Patrick Buisson qu’elle honnit, et qui lui ont savonné la planche durant la campagne. A propos des anti-mariage gay, le député et conseiller de Paris UMP Jean-François Lamour estime que le sujet «est derrière nous». «Il ne faut pas mépriser cet électorat, mais c’est un sujet conjoncturel. N’oublions pas les priorités des Parisiens qui sont le logement, les transports et la sécurité», détaille-t-il. Toujours remonté, l'ex-candidat Jean-François Legaret a confirmé ce mardi à 20 Minutes son voeu de porter plainte au pénal pour faux et usage de faux, après une vidéo diffusée sur Internet le concernant. Le maire du 1er arrondissement a accusé le maire du 16e arrondissement, Claude Goasguen, d'avoir participé à la diffusion de cette vidéo.

Gérer sa «liberté» et les susceptibilités

Nathalie Kosciucko-Morizet doit choisir désormais les équipes qui représenteront la droite dans les arrondissements de Paris. Et les choix impliquent d’écarter certains. «A elle de choisir son équipe et faire des scores bien meilleurs qu’en 2008. Cela bousculera des habitudes, froissera des susceptibilités, mais cela nous fera du bien», assure Jean-François Lamour. Au menu des susceptibilités figure celle de Jean Tibéri, l’ancien maire de Paris installé dans son fief dans le 5e arrondissement. L’homme s’est pourvu en cassation après une condamnation en appel dans une affaire de faux électeurs, et attend une nouvelle décision judiciaire. D’après un ancien candidat à la primaire UMP, «Tibéri et le 5e arrondissement, c’est "pas touche". Le dossier est hypersensible.»

Tordre les sondages en sa faveur

Depuis six mois, les sondages tendent à se rapprocher pour les deux candidates à la mairie de Paris. La socialiste Anne Hidalgo l'emporterait au second tour à 51% face à Kosciusko-Morizet (49%), selon un sondage BVA pour Le Parisien publié le 30 mars. Mais selon le «tableau de bord mai 2013 Paris Match/Ifop», NKM et Anne Hidalgo remportent «toutes deux la préférence de 47% des Français. (…) Il subsiste néanmoins une différence importante entre elles: alors que Nathalie Kosciusko-Morizet enregistre ces résultats en étant connue de 9 personnes sur 10, Anne Hidalgo parvient au même score avec "seulement" 66% de notoriété», révèle ce document.

Faire oublier son image de «parachutée»… ou d’ambitieuse pour la présidentielle

Depuis le début de sa campagne, tant ses amis que ses ennemis n’ont pas manqué l’occasion de comparer Nathalie Kosciusko-Morizet à une «parachutée». La candidate a démissionné il y a quelques mois de son mandat de maire de Longjumeau pour Paris. Mais elle est toujours députée de l’Essonne, mandat qu’elle affirme abandonner en cas de victoire à Paris. Elle martèle également qu’elle se «consacrer[a] entièrement à la capitale». Mais les spéculations sur sa candidature à la primaire à droite pour l’élection présidentielle de 2017 réapparaissent régulièrement.

Séduire les sympathisants centristes, écologistes, sans oublier les classes populaires

Ancienne secrétaire d’Etat puis ministre de l’Ecologie, passée par l’Economie numérique, la candidate souhaiter trancher –sans effrayer- avec une droite parisienne conservatrice. Une «couleur» politique qui pourrait séduire des sympathisants centristes et écologistes qui ne se retrouvent pas ou plus à gauche. Mais réussira-t-elle mieux qu’Anne Hidalgo auprès des classes populaires? Selon un sondage réalisé par BVA pour I-Télé diffusé le 26 avril, les deux candidates «soulèvent particulièrement peu d’enthousiasme chez les ouvriers: 38% pour Hidalgo, 32% pour NKM, et 30% ne se prononcent pas.