François Hollande joue l'apaisement

POLITIQUE Après les Manif pour tous, le président a fait le choix de ne pas ouvrir un nouveau front...

Matthieu Goar et Maud Pierron

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Conférence de presse de François Hollande le 16 mai 2013.
Conférence de presse de François Hollande le 16 mai 2013. — PATRICK KOVARIK/AFP

La réforme du quotient familial plutôt que le rabotage des allocations.  En choisissant la voie de l’impôt pour résorber le déficit de la branche famille de la sécu, François Hollande a choisi la solution la plus consensuelle aux yeux des associations et des partis politiques. Une décision qui ne tenait pourtant pas la corde il y a encore quelques semaines alors que le chef de l’Etat avait annoncé sur France 2 une modulation des allocations «en fonction des revenus». «Nous avions travaillé sur les deux scénarios. Mais en voyant ses réponses à David Pujadas et ses déclarations à la conférence de presse, nous pensions que c’est le scénario des allocations quil  l‘emporterait . Le choix s’est fait entre l’Elysée et Matignon», explique un conseiller ministériel

>> Relire l'interview de Dominique Bertinotti sur ce sujet

En fait, depuis plusieurs semaines, l’Elysée et Matignon «échangent beaucoup» sur cette question. Des proches du président avaient alors commencé à expliquer que cette réforme du quotient «était la plus simple» techniquement même si elle obligeait Hollande à revenir sur son engagement de ne pas augmenter les impôts à l’automne. «Avec le quotient, nous n’avons pas besoin de mettre en marche toute une nouvelle machine administrative pour quoi ? il manque un bout de phrase

Hollande joue l’apaisement

Cette solution a ensuite été finalisée lors d’un entretien entre le président de la République et son Premier ministre, dimanche. Difficile également de ne pas se demander si le contexte des manifestations contre le Mariage pour tous n’ont pas pesé sur le choix de cette réforme plus consensuelle. «Le mouvement de la Manif pour tous, ça a eut pu jouer. Clairement le gouvernement n’a pas voulu ouvrir un nouveau front mais c’est une illusion», explique le député UMP Philippe Gosselin. Lundi, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) s’est félicitée de cette décision.

Marqué par les manifestations du printemps, le chef de l’Etat a souhaité jouer l’apaisement. A Matignon, on tempère cette analyse en expliquant que les partisans de la Manif pour tous seront contre toute réforme mais que celle-ci est «la plus juste».  «Il y a une volonté d’écoute des associations qui jugeaient que la modulation du quotient était préférable. On touche plus de familles aisées mais avec un impact moins important par famille. C’est donc plus juste», positive un conseiller d’un cabinet ministériel.