Parti socialiste: L’aile gauche veut réorienter la vision européenne du PS

Matthieu Goar

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Emmanuel Maurel, conseiller régional d'Île-de-France, lors du congrès de Toulouse, le 27 octobre 2012. 
Emmanuel Maurel, conseiller régional d'Île-de-France, lors du congrès de Toulouse, le 27 octobre 2012.  — CHAMUSSY/SIPA

Il n’y a pas que les adhérents de l’UMP qui votent cette semaine. Jeudi, les militants du PS sont invités à voter pour ou contre un texte de leur parti sur l’Europe, «Notre Europe», qui doit servir de support à une Convention thématique sur le sujet le 16 juin.

Ce vote se prépare dans une indifférence générale. Pourtant, l’élaboration de ce pensum avait été marquée par des tensions entre le parti et le gouvernement qui jugeait les attaques contre l’Allemagne irrecevables. Du coup, les hiérarques du PS sont arrivés à un compromis qui ne satisfait pas la gauche du PS, un parti toujours divisé sur l’orientation de l’Union européenne (UE).

Hollande, socialiste ou social-démocrate?

«Nous avions souhaité soumettre un texte alternatif mais la direction nous l’a refusé. Notre objectif est de politiser cette convention», explique Emmanuel Maurel dont le courant «Maintenant la gauche» a déposé 4 amendements: «la suspension du pacte de stabilité», la transformation de la BCE, le «refus du Traité transatlantique» et quelques lignes sur la coopération entre les pays européens.

La gauche du PS soupçonne à demi-mots la direction du PS, très silencieuse sur ce scrutin,  de redouter le vote-sanction de militants «inquiets, parfois désemparés» face à la politique de François Hollande. Alors qu’il s’est décrit comme «un président socialiste» lors de sa dernière conférence de presse, le 16 mai, le chef de l’Etat a ensuite prononcé un discours élogieux en Allemagne sur Gerhard Schröder, l’ancien chancelier social-démocrate très libéral, lors du grand raout de son parti, le 24 mai.

L’art de la diplomatie

De quoi déboussoler un peu plus les socialistes. «Notre époque n’a pas besoin de comptables mais d’hommes politiques visionnaires (…) Au niveau européen, François Hollande a commencé à mettre un pied dans la porte mais cela ne veut pas dire qu’elle est ouverte. Notre rôle est de l’aider à pousser», poursuit Emmanuel Maurel, candidat malheureux au poste de Premier secrétaire à l’automne.

«Le PS a la responsabilité de faire bouger la social-démocratie en Europe. Il est temps de sortir du dogme rémanent du pacte de stabilité», théorise Marie-Noëlle Lienemann qui estime que les événements donnent raison aux partisans d’une réorientation de l’Europe «prospère mais qui est devenue l’Europe austère». La sénatrice PS cite le gouvernement économique européen évoqué par Hollande ou encore les critiques du chef de l’Etat vis-à-vis de la commission.

Reste que l’Europe est toujours un sujet très épineux pour le PS qui s’était déchiré lors du référendum de 2005 . Le partisants de Nouveau monde, le courant de Benoît Hamon, ministre délégué à l'économie sociale et solidaire, ont déposé le même amendement que «Maintenant la gauche» sur le pacte de stabilité. Sauf que le mot «suspension» a été remplacé par le terme «adaptation». De l’art de la diplomatie d’un parti au pouvoir.