La primaire UMP à Paris, symptôme d'un parti convalescent

POLITIQUE La primaire parisienne pouvait difficilement se dérouler sereinement quand à tous les étages du parti, la crise de septembre n’est pas totalement évacuée...

Maud Pierron

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Pierre-Yves Bournazel et NKM le 17 avril 2013 à Paris.
Pierre-Yves Bournazel et NKM le 17 avril 2013 à Paris. — K. TRIBOUILLARD / AFP

Quel que soit le résultat de la primaire UMP à Paris, le constat sera celui d’un échec. Echec à organiser sans contestation une consultation interne huit mois après le fiasco de l’élection pour la présidence de l’UMP. Echec à réguler le bal des égo de candidats plus concentrés à se flinguer qu’à expliquer leurs propositions. Le reflet d’un parti qui peine à se remettre de sa crise de septembre. «L’UMP est convalescente, consent Benoist Apparu, député UMP de la Marne. On ne sort pas d’une défaite à la présidentielle et aux législatives sans conséquences. Et la primaire parisienne en paie les pots cassés.» Pour l’ex-ministre du Logement, le problème majeur de l’UMP, qui rejaillit sur Paris, c’est l’absence de leadership. «Génétiquement, culturellement, notre parti est attaché au chef. On ne sait pas vivre sans. Tant que cette question ne sera pas réglée, nous n’irons pas mieux.»

«Certains se trompent d’élection»

Copé contre Fillon? La question, réglée en surface par l’accord sur les statuts entre les deux hommes, empoisonne en coulisse la primaire UMP. «Certains se trompent d’élection, tacle une observatrice de la droite parisienne. C’est encore la guerre Copé contre Fillon. Bournazel serait le candidat de Copé et NKM celle de Fillon.» Et Pierre-Yves Bournazel, jeune loup parisien, se prévaut par ailleurs du soutien de la Droite forte… qui a appelé à faire battre NKM en raison de sa position sur le mariage pour tous. «C’est scandaleux ce qu’ils ont fait! Ces petits marquis qui n’ont jamais été élus se permettent de donner des consignes de vote!», tonne Pierre Lellouche, député UMP de Paris.

Comme d’autres, les 30% recueillis par la motion de Guillaume Peltier lors de la consultation de septembre, lui laissent un goût amer. «Ils ont été élus par une petite minorité d’une petite minorité. Ils ramènent l’UMP à une caricature», grince celui qui est effrayé par un «parti qui se tire des balles dans le pied continuellement». Pour lui, son parti n’a plus de «cap» idéologique et les divergences idéologiques entre les différents courants sont immenses. «Il y a un vrai risque d’implosion de la droite. On assiste à un suicide collectif depuis un an», se désespère-t-il.

«La droite la plus bête du monde»

Plus optimiste, Philippe Gosselin, député  UMP de la Manche, brandit le déroulement sans accroc de la primaire UMP à Lyon pour montrer qu’ «il n’y a pas de fatalité à la déroute». Mais il pointe du doigt les entourages des candidats. Un peu comme lors du scrutin de septembre où les entourages de Fillon et Copé étaient sur le banc des accusés. «Les entourages devraient éviter  de mettre de l’huile sur le feu. Ils donnent une très mauvaise image de leurs candidats et de l’UMP, par éclaboussure.»

Mais le plus grave, aux yeux de Gosselin, c’est que «l’exemple parisien nous fait tomber de quelques marches qu’on avait remonté difficilement depuis la crise de septembre». D’autant plus grave que Paris, cette fois, de l’avis de tous nos interlocuteurs, «est gagnable». «Les arrière-pensées et les jeux compliqués des uns et des autres est désespérant. Je vais finir par croire que la formule ‘la droite la plus bête du monde’ est vrai», se lamente Pierre Lellouche.