Xavier Bertrand: Si l'UMP place «sa boussole à droite, c'est fini»

avec AFP

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L'ancien ministre UMP Xavier Bertrand a fait valoir mercredi que si son parti «commence à vouloir placer (sa) boussole à (sa) droite», ce serait alors «fini».

«Je pense (...) qu'aucun responsable politique de l'UMP, de sensé, ne peut imaginer que l'avenir de l'UMP se fera dans la porosité et la proximité ou la complicité avec Marine Le Pen. Personne», a déclaré le député-maire de Saint-Quentin (Aisne), lors de «Questions d'Info» LCP/FranceInfo/LeMonde/AFP.

Il accuse le PS de «machiavélisme politique»

Il était interrogé sur les récentes déclarations de François Baroin dénonçant «une porosité» entre l'UMP et le FN. Pour Xavier Bertrand, «si l'UMP cesse d'être elle-même, si on commence à vouloir placer notre boussole à notre droite, c'est fini, nous ne gagnerons pas».

Il a demandé à ses amis politiques de «faire preuve de lucidité», car à ses yeux, la progression du FN dans les intentions de vote «s'explique avant tout par les déçus de François Hollande». «Ce sont ceux qui aujourd'hui font progresser Marine Le Pen. Regardons les choses en face».

L'ancien ministre du Travail a accusé le PS et le président François Hollande de faire progresser le FN, parlant de «duplicité» et de «machiavélisme politique».

Référendum

«Dans sa conférence de presse» du 16 mai, François Hollande «relance l'idée du droit de vote des étrangers aux élections locales. C'est pourquoi ? Il sait pertinemment qu'il n'a pas la majorité des 3/5e au congrès pour le faire», a-t-il dit.

«Et pourquoi il en parle maintenant ? Parce qu'il se dit s'il peut filer un petit coup de main au Front national, à Madame Le Pen, il ne va pas se gêner, comme l'a fait à l'époque monsieur Mitterrand», a-t-il ajouté.

«Sur cette question-là, a poursuivi Xavier Bertrand, si Monsieur Hollande veut vraiment poser la question, je lui demande un référendum, parce que ça touche à l'organisation des pouvoirs publics, ça touche à une question essentielle pour les Français, et que si la question du droit de vote des étrangers est si importante pour Monsieur Hollande, et s'il est sincère, ce que je ne crois pas, je demande un référendum, ce seront les Français qui trancheront cette question».

«Mais il ne le fait aujourd'hui que pour une seule raison: donner un coup de main au Front national. C'est républicain ça ? Certainement pas», a conclu le député.