Les socialistes soulagés que Cahuzac ne soit pas candidat

POLITIQUE En annonçant son retrait de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, Cahuzac retire une épine du pied des socialistes...

avec AFP

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Jérôme Cahuzac en visite à Bordeaux en février 2013.
Jérôme Cahuzac en visite à Bordeaux en février 2013. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

En renonçant à se présenter à la législative partielle dans son ex-fief du Lot-et-Garonne, Jérôme Cahuzac retire une grosse épine du pied aux socialistes, avant les premières auditions, mardi, de la commission d'enquête parlementaire sur une affaire qui a ébranlé le gouvernement.

L'ancien ministre du Budget a annoncé, dans une interview publiée dimanche dans la Dépêche du Midi qu'il renonçait à contrecoeur à se présenter à ce scrutin, prévu les 16 et 23 juin à Villeneuve-sur Lot. «Je ne serai pas candidat. J'espère que chacun comprendra et respectera ce choix douloureux et qui me fut bien difficile à faire», a-t-il dit.

Il indique qu'il votera pour le candidat socialiste, Bernard Darras, mais souligne qu'il reviendra à Villeneuve-sur-Lot, alimentant les spéculations sur une candidature aux municipales de 2014.

Depuis des jours, le suspense grandissait sur la décision que prendrait M. Cahuzac, qui avait nourri lui-même les spéculations en faisant son apparition le 11 mai sur le marché de la ville dont il a été le maire de 2001 à 2012.

Le dépôt officiel des candidatures doit s'ouvrir lundi pour s'achever le vendredi 24 mai à 18h.

«Bonne décision»

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, s'est félicité du choix fait par l'ancien ministre. «C'est conforme aux engagements qu'il avait pris, le 16 avril à la télévision, de ne pas se représenter à un mandat public : il a pris la bonne décision», a-il déclaré dimanche à l'AFP.

Une présence dans la compétition de Jérôme Cahuzac aurait été en effet doublement désastreuse, électoralement et médiatiquement, pour le PS,: elle risquait d'éliminer du second tour son candidat, et elle aurait encore plus braqué les projecteurs sur un scandale que la majorité voudrait bien oublier.

Selon un sondage Ifop connu vendredi, le faible score (11%) qu'aurait obtenu l'ancien ministre du Budget aurait été suffisant pour empêcher Bernard Barral (PS) d'accéder au second tour, qui se serait joué entre l'UMP (27% au premier tour) et le FN (22%).

En revanche, sans M. Cahuzac, le candidat socialiste accèderait au second tour (23%), derrière l'UMP Jean-Louis Costes (30%).

Mais par delà l'impact purement électoral -l'élection est de toute façon difficile pour la gauche, dans le contexte actuel d'impopularité record pour François Hollande-, le retour sur la scène politique de Jérôme Cahuzac, aurait été accompagné, selon ses propres termes, «d'un harcèlement médiatique incessant», en parallèle avec les auditions de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.

Cette commission d'enquête, demandée par l'Union des démocrates et indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo, vise à déterminer «d'éventuels dysfonctionnements» dans l'action de l'Etat du 4 décembre 2012, date des premières révélations de Mediapart sur le compte en Suisse non déclaré de l'ancien ministre délégué au Budget, au 2 avril 2013, date de sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale.

Commission d'enquête

Edwy Plenel, patron et fondateur du site d'information Mediapart, va être la première personnalité entendue, mardi à 08H45.

La commission entendra dans l'après-midi l'ancien député-maire RPR de Villeneuve-sur-Lot Michel Gonelle, détenteur de la bande audio qui a entraîné la chute de l'ancien ministre socialiste. Elle auditionnera ensuite Amélie Verdier, qui était directrice de cabinet de Jérôme Cahuzac au ministère du Budget et qui exerce la même fonction auprès de son successeur Bernard Cazeneuve.

Jérôme Cahuzac lui même mais aussi les ministres de l'Economie Pierre Moscovici, de l'Intérieur Manuel Valls et de la Justice Christiane Taubira seront ultérieurement entendus, à des dates qui n'ont pas encore été fixées par la commission d'enquête, présidée par Charles de Courson (UDI) et dont le rapporteur est un socialiste, Alain Claeys.

Les auditions, une vingtaine prévues d'ici fin juillet, seront retransmises en direct sur le site internet de l'Assemblée.