Conférence de presse: Ce que vous n’avez pas vu à la télé

Matthieu Goar
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François Hollande et Jean-Marc Ayrault, avant la conférence de presse du président, le 16 mai 2013. 
François Hollande et Jean-Marc Ayrault, avant la conférence de presse du président, le 16 mai 2013.  — Christophe Ena/AP/SIPA

Les portes s’ouvrent deux heures avant le coup d’envoi de la conférence de presse. Déjà, une dizaine de journalistes s'est positionnée aux endroits les plus stratégiques de la Salle des Fêtes de l’Elysée: devant et un peu sur les côtés pour attraper les micros. Partout, des sacs pour réserver les places. Comme en 6e. «Ah non, ce siège, c’est pour Bruno», glisse un journaliste à une consoeur pendant que les techniciens finalisent les derniers réglages.

Les journalistes étrangers venus en nombre (environ 150) et qui ont peu l’occasion de se croiser s’échangent leur numéro. Certains se prennent en photo sous les dorures de la Salle des Fêtes pendant que les anciens évoquent les conférences de François Mitterrand. «Il fait déjà chaud, on ne va jamais tenir», lâche un d’entre eux.

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«Merci d'éteindre vos téléphones, de vous lever et de vous présenter quand vous poserez votre question au Président», explique un huissier. Silence pendant de longues minutes avant l’entrée des VIP, les ministres à la queue leu leu derrière le premier d’entre eux, Jean-Marc Ayrault. Le décor est planté, François Hollande fait son entrée avec dix minutes de retard. «Je suis donc à l’heure», blague-t-il d’entrée. Les réseaux sociaux s’agitent.

Et, alors que le remaniement «aura lieu un jour», selon Hollande, certains journalistes s’interrogent sur la composition des rangs des ministres.

La première ligne

L’Elysée avait annoncé 20 minutes de propos préliminaires. Comme il y a six mois, Hollande explose les compteurs (45 minutes). Le Président vante son action, annonce sa «grande initiative européenne». Laurent Fabius s’endort, se réveille, puis se rendort. Manuel Valls sourit et glisse un mot à Arnaud Montebourg sans que l’on sache si c’est la digestion du ministre des Affaires étrangères qui perturbe la classe des ministres.

Les réseaux sociaux se marrent

 Début des questions, une forêt de bras part à l’assaut de la communication élyséenne. Mais les porteurs de micros se dirigent toujours d’un pas décidé vers une personne désignée. En fait, les demandes de prises de paroles se font par message au directeur de la communication de l’Elysée qui envoie un «OK pour…» à ses attachés de presse. Le rédacteur de 20 Minutes envoie donc son petit message («Hello, je suis chaud patate, etc, etc) resté sans réponse. Comme les suivants. «Je suis désolée, moi j’attends que Christian me dise», s’expliquera plus tard une communicante de l’Elysée.

Du coup chacun y va de son petit SMS aux responsables de la communication de l'Elysée pour tenter d'avoir le micro #confPR

Hollande annonce qu’il présenterale droit de vote des étrangers au Parlement après les élections municipales, évoque le débat légitime du «mariage pour tous», dénonce les violences commises autour du Trocadéro, réfute toute idée de bunkerisation à l’Elysée. «Je me déplace dans la rue sans que vous le sachiez.» Et répète en boucle toutes les décisions qu’il a prises depuis un an. Une façon de dire qu’il sait trancher. «Sauf pour Montebourg», lâche une journaliste très fort. Rires. «J’ai la tête solide», glisse le ministère du Redressement productif.

Tout le monde commence à s’ennuyer dans la moiteur de l’Elysée. Christiane Taubira s’éclipse. Hollande réclame des questions sur les sujets internationaux, félicite son Premier ministre «désintéressé et loyal», défend Manuel Valls, «bien meilleur que son prédécesseur». Le ministre de l’Intérieur rosit de plaisir. Arrive la question d’un collègue qui demande au Président pourquoi il n’utilise pas plus les réseaux sociaux. «Ca n’intéresse que nous, c’est ridicule», s’offusquent certains journalistes. Hollande sourit puis se dépêtre de la question. Aucune question sérieuse n’aura été posée sur Jérôme Cahuzac.