Le mot «race» devrait disparaître de la législation française

POLITIQUE Pour André Chassaigne, le député Front de gauche qui défend la proposition, il y a une «incohérence que notre droit s’appuie sur un concept infondé»…

Enora Ollivier

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L'hémicycle de l'Assemblée Nationale lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013.
L'hémicycle de l'Assemblée Nationale lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Il n'y a pas de place dans la République pour la race». Cette phrase, prononcée par François Hollande en mars 2012, pourrait voir un début de concrétisation ce jeudi puisque l’Assemblée devrait adopter une proposition de loi visant à supprimer le mot «race» de l’ensemble de la législation française.

C’est un texte «avec une dimension symbolique, presque philosophique», plaide André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (Front de gauche et élus d’outre-mer), qui présente le texte.

La droite va voter contre

Il y a une «incohérence que notre droit s’appuie sur un concept infondé», poursuit le député du Puy-de-Dôme pour justifier la suppression du terme, présent dans une cinquantaine d’articles de la législation - code pénal, code du travail, code du sport…. Une disparition qui ne «remet évidemment pas en cause l’arsenal juridique» existant pour punir les actes ou injures à caractère raciste, précise l’élu.

La proposition a de grandes chances d’être adoptée, puisque la majorité – socialistes, écologistes et radicaux – a donné un avis favorable. En revanche, la droite devrait voter contre, ce que déplore André Chassaigne, qui y voit «un indice supplémentaire de l’alignement de l’UMP sur des thèses d’extrême droite».

Lors de la campagne présidentielle, François Hollande s’était quant à lui engagé à supprimer le mot «race» de l’article 1 de la Constitution. Cette disparition pourrait être actée lors de l’examen de la réforme constitutionnelle, en juillet