Bercy sous le feu des critiques

REMANIEMENT Les appels à la restructuration du pôle économique du gouvernement se multiplient dans la majorité...

Maud Pierron

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Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg, le 31 mai 2012, à Trevustes, dans le Doubs.
Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg, le 31 mai 2012, à Trevustes, dans le Doubs. — F. FLORIN / AFP

Feu sur Bercy. Le couac entre Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici à propos de Dailymotion, dernier en date d’une longue série, a laissé des traces. Plusieurs responsables socialistes disent désormais clairement qu’il faut un remaniement à Bercy pour éviter la cacophonie ambiante, ce qui n’était que chuchoté jusque-là.

C’est évidemment Ségolène Royal qui a tiré la première lors de son retour sur la scène médiatique. Dressant le bilan de la première année de François Hollande à l’Elysée sur France inter, elle a lâché lundi: «Ce qui n'est plus supportable, notamment pour tous ceux qui se battent pour créer des activités, des emplois», ce sont «les zizanies entre ministres». Et d’ajouter: «Il faut y mettre fin et sans doute -ce n'est pas un secret, le président de la République lui-même l'a laissé entendre- restructurer ce qu'on appelle Bercy.»

Ce mardi matin, c’est Laurent Fabius, le n°2 du gouvernement, ex-ministre des Finances, qui a taclé Bercy sur RTL. Le ministère de l’Economie et des Finances a «besoin d’un patron», a jugé le ministre des Affaires étrangères, déplorant qu’actuellement, il y en ait «plusieurs».
 

François Hollande a libéré la parole

«J'ai dirigé Bercy dans le passé et c'est vrai que Bercy a besoin d'un patron. Là vous avez plusieurs patrons et quelle que soit la qualité des hommes et des femmes et leur degré d'entente, je pense qu'une coordination plus forte serait utile», a-t-il témoigné. Le poids lourd du gouvernement a également taclé: «C'est quelque chose qui est maintenant partagé par tout le monde donc j'imagine que s'il y a un remaniement, probablement avant la fin du quinquennat, et bien cette question sera traitée.» Ségolène Royal en a rajouté une couche ce mardi sur BFM TV, expliquant qu'elle en avait marre des «bagarres entre ministres» et que «ça manquait un peu d'ordre».

Ces critiques ne sont pas neuves parmi les observateurs mais c’est la première fois qu’elles sont assumées ainsi par des ténors socialistes. L’interview de François Hollande à Paris-Match la semaine dernière, dans laquelle il évoque pour la première fois l’hypothèse d’un «remaniement» a probablement libéré la parole. Si Bercy compte 7 ministres, le chef de l’Etat aura probablement à choisir entre Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici, tenants de deux lignes politiques diamétralement opposées. A moins qu’il ne choisisse un troisième homme. Au petit jeu des pronostics, c’est souvent le nom de Michel Sapin, l’actuel ministre du Travail, qui revient. Ou encore celui de Pascal Lamy, l'ex-patron de l’OMC.