Les nouveaux statuts de l’UMP, ça change quoi?

DECRYPTAGE «20 Minutes» révèle les grandes lignes qui doivent être approuvées définitivement mardi...

Alexandre Sulzer

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Jean-François Copé et François Fillon au Touquet, le 25 septembre 2009.
Jean-François Copé et François Fillon au Touquet, le 25 septembre 2009. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

«Ca n’a pas été facile mais on devrait aboutir à quelque chose de clean», se félicite un membre de la commission de révision des statuts de l’UMP. Mardi, cette instance, créée dans la foulée de la crise interne de novembre-décembre 2012, doit se réunir une ultime fois et mettre la dernière main aux nouvelles règles qui régissent le parti. Avec un objectif partagé par tous : éviter de reproduire le psychodrame de l’hiver. Aux adhérents de les approuver d’ici le 15 juin via un vote électronique. 20 Minutes en présente les grandes lignes.

Qui sera le président de l’UMP?

Les statuts prévoient une élection interne. Pour être candidat, il faudra bénéficier du parrainage d’un certain nombre de parlementaires et de 2% des militants. Jusqu’alors, il fallait 3%. Ce qui avait fermé la voie en 2012 à certains prétendants comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire. Le taux a donc été revu à la baisse.

Qui sera le candidat de l’UMP à la présidentielle?

Pour la première fois dans l’histoire de la droite, le principe de primaires ouvertes, c’est-à-dire dans lesquelles tous les sympathisants peuvent participer et non pas les seuls adhérents, est acté. La première aura lieu en 2016. Tous les candidats doivent en passer par là. Y compris ceux qui ont été président de la République. «Si Nicolas Sarkozy est candidat, il n’a pas à craindre les primaires», observe Claude Goasguen, membre de la commission de révision. Seule exception à cette règle: si le candidat occupe déjà le poste de président de la République. De la science-fiction aujourd’hui pour l’UMP. Les conditions pour être candidat à la primaire font partie des «dernières choses à caler définitivement», reconnaît Anne Levade, la professeur de droit constitutionnel qui planche sur la révision. A priori, il faudrait autour de 200 parrainages d’élus (parlementaires, maires, conseillers généraux ou régionaux, membres du conseil national) mais Xavier Bertrand, fort dans l’Aisne, aimerait que les militants puissent aussi parrainer. Une solution de compromis pourrait être d’étendre le vote aux délégués de circonscription.

Vote électronique ou pas?

La question n’est pas tranchée, elle est avant tout une question de coût. Seule certitude, que ce soit pour l’élection du président de l’UMP ou pour la primaire ouverte, aucune procuration ne sera possible. Le traumatisme de 2012 est passé par là.

L’élection du nouveau président aura-t-elle lieu en septembre 2013?

Non. Pourtant, au terme de l’accord entre Jean-François Copé et François Fillon, les militants UMP devaient bel et bien revoter en septembre. Mais cette solution in extremis de sortie de crise n’est plus d’actualité. Un virage à 180 degrés, impensable à la fin de l’année dernière, qui arrange aussi bien François Fillon, la primaire de 2016 désormais dans le viseur, que Jean-François Copé, conforté à son poste de président du parti. Même les plus farouches partisans du maintien en septembre, comme Laurent Wauquiez, s’y sont résignés. «La raison a fini par l’emporter», se réjouit Bruno Le Maire. Question politique et non statutaire, ce report ne devrait pas être officialisé mardi. Mais soumis aux adhérents, parallèlement aux nouveaux statuts, sous une forme qui n’est pas encore décidée.

Quand aura lieu l’élection du président dans ce cas?

 C’est la question qui fâche et qui n’est pas tranchée. Les nouveaux statuts de l’UMP prévoient un mandat de 5 ans pour le président de l’UMP (contre 3 jusqu’alors). Si on les applique immédiatement, Jean-François Copé pourrait rester président tout au long du quinquennat de François Hollande. Si ces statuts ne sont pas appliqués immédiatement, une nouvelle élection doit avoir lieu en novembre 2015. Mais certains plaident pour les avancer en 2014, après les municipales et les européennes. Bref, tout est possible. «De toute façon, la question du leadership ne sera réellement tranchée que lors des primaires», confie Xavier Bertrand, candidat d’ores et déjà déclaré pour celles-ci. «Moi, il ne m’a pas fallu six mois pour arriver à cette conclusion», ironise-t-il, visant François Fillon.

Quelles garanties d’impartialité pour les élections à venir?

Une nouvelle Haute autorité voit le jour. Elle sera composée de 9 membres : 4 personnalités extérieures «connues pour leur compétence juridique et morale» et 5 membres du parti, désignés par le bureau politique. En période de primaire, ces 5 membres laissent la place à un représentant de chaque candidat. Si le président de l’UMP est lui-même candidat à la primaire, il devra démissionner de son poste au moins 80 jours avant l’élection. Il sera alors remplacé par une personne choisie par la Haute autorité. «On a choisi de ne pas remplacer le président par le vice-président ou le secrétaire général, explique Anne Levade. Parce qu’eux aussi pourraient être candidats…» Sage précaution.