La ministre de la Justice Christiane Taubira, le 7 mai 2013, dans la cour de l'Elysée, après le Conseil des ministres.
La ministre de la Justice Christiane Taubira, le 7 mai 2013, dans la cour de l'Elysée, après le Conseil des ministres. — PDN/SIPA

ESCLAVAGISME

Christiane Taubira veut rendre des terres aux descendants d'esclaves

La ministre de la Justice plaide pour «des politiques foncières», notamment dans les territoires d’outremer...

Des terres plutôt qu’une compensation financière. Christiane Taubira plaide, dans une interview au Journal du dimanche pour des «politiques foncières» qui permettrait aux descendants d’esclaves d’avoir accès aux terres dont ils ont été privés. La ministre de la Justice fait ainsi une proposition alternative à la requête du Conseil représentatif des associations noires (Cran), qui a assigné vendredi la Caisse des dépôts, lui reprochant d’avoir tiré profit de la traite négrière.

Christiane Taubira évoque la «confiscation des terres» dans les territoires d’outre-mer, qui a fait que «d'une façon générale, les descendants d'esclaves n'ont guère accès au foncier». Il «faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières».

Hollande et «l’impossible réparation»

Selon la garde des Sceaux, «il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d'une action publique qui consisterait à acheter des terres».

«En Guyane, poursuit-elle, l'État avait accaparé le foncier, donc là, c'est plus facile». En revanche, «aux Antilles, c'est surtout les descendants des "maîtres" qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en œuvre».

Vendredi,  François Hollande avait clairement rejeté toute réparation matérielle de l’esclavage, en évoquant «l’impossible réparation». «Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini? Non, ce ne sera jamais réglé», a déclaré le chef de l’Etat dans un discours fait à l’occasion de la journée nationale de la commémoration de l’esclavage.