Esclavage: François Hollande prône «la paix des mémoires réconciliées»

CÉRÉMONIE président de la République s'exprimait, ce vendredi, à l'occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions...

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Face à "l'impossible réparation" des traites négrières et de l'esclavage, François Hollande a prôné vendredi "la paix des mémoires réconciliées" auxquelles il faut "donner un avenir", lors d'une cérémonie au Jardin du Luxembourg.
Face à "l'impossible réparation" des traites négrières et de l'esclavage, François Hollande a prôné vendredi "la paix des mémoires réconciliées" auxquelles il faut "donner un avenir", lors d'une cérémonie au Jardin du Luxembourg. — Bertrand Langlois POOL

Face à «l'impossible réparation» des traites négrières et de l'esclavage, François Hollande a prôné ce vendredi «la paix des mémoires réconciliées» auxquelles il faut «donner un avenir», lors d'une cérémonie au Jardin du Luxembourg. Citant Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais dont on célèbre en 2013 le centenaire de la naissance, le président de la République a repris à son compte le terme d'«impossible réparation».

«Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, c'est la mémoire, la vigilance et la transmission», a déclaré François Hollande, adressant ainsi une nouvelle fin de non recevoir aux revendications de réparations matérielles portée par quelques voix associatives. Il reste ainsi fidèle à la ligne déjà explicitée lors de son voyage au Sénégal en octobre dernier et de son hommage aux victimes de la traite transatlantique sur l'île de Gorée.

«Memorial ACTe»

«Notre responsabilité est de donner un avenir à cette mémoire», a affirmé le président, annonçant que l'Etat apporterait sa «contribution» au «projet emblématique», jusqu'alors porté par la région Guadeloupe (fief du ministre des Outre-mer, Victorin Lurel) de centre d'expression sur la traite, baptisé «memorial ACTe», à Pointe-à-Pitre. «C'est la paix des mémoires réconciliées et non l'oubli qui rendra la France plus forte», a-t-il ajouté.

Le 10 mai est la date retenue pour la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, célébrée depuis 2006 et issue de la loi Taubira de reconnaissance de la traite et de l'esclavage comme crime contre l'humanité (2001). La ministre de la Justice, présente ainsi que ses collègues des Outre-mer (Victorin Lurel), de la Culture (Aurélie Filippetti) et de la Réussite scolaire (George Pau-Langevin), a été chaudement applaudie par les centaines d'invités.

L'abolition de l'esclavage en 1848 ne s'étant pas appliquée en même temps dans les anciennes colonies, chaque territoire d'outre-mer a sa propre date, a rappelé François Hollande: 27 avril à Mayotte, 22 mai en Martinique, 27 mai en Guadeloupe, 10 juin en Guyane et 20 décembre à la Réunion.