Banque publique d'investissement: Ségolène Royal évoque sa vision de l’avenir

POLITIQUE Dans un entretien à «Libération», la vice-présidente de la BPI évoque le rôle de ce nouvel outil...

M. Go. avec AFP

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Ségolène Royal, le 12 septemebre 2012, à Paris.
Ségolène Royal, le 12 septemebre 2012, à Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

Ségolène Royal n’a pas l’intention de prendre à la légère son rôle de vice-présidente de la Banque publique d’investissement (BPI). «Nous, élus locaux, connaissons parfois mieux les PME que les grands financiers qui sortent des entreprises du CAC 40 (…) [Cette banque] ne doit pas être un jouet aux mains de quelques inspecteurs des finances », déclare à Libération l’ancienne candidate à la présidentielle.

Un désaveu du directeur général

Promesse de campagne de François Hollande, la BPI doit servir à aider les entreprises innovantes. «Il n’y a pas que les bons investissements pour la BPI, pas de business ! Faire du business sous-entendrait qu’on ferait le tri entre ce qui est juteux et ce qui ne l’est pas. Ce n’est pas notre philosophie », détaille Royal, nommé vice-présidente de cette banque dirigée par  Jean-Pierre Jouyet, un autre proche du président de la République.  «La BPI est une banque patiente qui n’attend pas de retour sur investissement immédiat, ou alors seulement pour le réinvestir dans l’outil productif.» Ces phrases sonnent comme un désaveu contre le directeur général de l'institution, Nicolas Dufourcq, qui a jugé que Florange et Petroplus ne représentaient pas un «bon business».

«Ce que je demande, c’est que ce soit une banque sobre»

Dans quels secteurs cet outil investira? «Nous n’avons pas vocation à aller vers les entreprises où le secteur traditionnel peut jouer son rôle. (…) Son rôle principal consiste à aller vers les PME ou les entreprises de taille intermédiaire qui pour l’instant ne gagnent pas d’argent, mais en gagneront si on les aide à investir et à exporter», estime la présidente de la région Poitou-Charentes, qui réclame des moyens : « Je suis là pour y veiller, que ce soit sur les fonds engagés ou les moyens humains à sa disposition. Ce que je demande, c’est que ce soit une banque sobre. Il n’est peut-être pas utile de dépenser trop d’argent pour embellir un siège social ou dessiner un nouveau logo… Tout ce qui transite par la banque doit servir aux entreprises.»