France-Allemagne: Des tensions pas si «amicales»

POLITIQUE L'Allemagne et la chancelière Angela Merkel ont été la cible d'attaques de membres du Parti socialiste...

A.-L.B. avec Reuters

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Angela Merkel et François Hollande le 23 août 2012 à Berlin.
Angela Merkel et François Hollande le 23 août 2012 à Berlin. — Markus Schreiber/AP/SIPA

Il n’a fallu que quelques petites phrases de socialistes, qui ont fait d'Angela Merkel le bouc émissaire des difficultés économiques de la France, pour lancer une brève tempête dans les relations franco-allemandes.

Face à la santé économique insolente de l'Allemagne dans une Europe en crise, le troisième personnage de l'Etat français, le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, a invité jeudi dans Le Monde -jour de la publication de chiffres du chômage record en France- le président de la République à ne pas se contenter d'une «tension amicale» avec l'Allemagne mais à entrer en «confrontation» avec elle.

Opération «réconciliation»

Le lendemain, un projet de document du Parti socialiste taxant Angela Merkel d'«intransigeance égoïste» était rendu public grâce à une fuite. S'il a été édulcoré ce week-end, ce discours faisait suite aux attaques répétées de la gauche du Parti socialiste contre une austérité imposée, d'après elle, par Berlin à l'Europe.

Face à la polémique, le gouvernement français s'est efforcé de désamorcer l'impact de ce texte et des propos de Claude Bartolone, sévèrement recadré par plusieurs ministres. Ce lundi, en déplacement en Ariège, Jean-Marc Ayrault en a rajouté dans le discours conciliant envers l'Allemagne –«notre premier partenaire» avec qui il faut œuvrer «encore plus étroitement» à la croissance en Europe.  «Pas dans la confrontation ou dans l'invective mais avec le souci de mettre sur la table toutes les questions, les points de convergence mais aussi les divergences», a-t-il insisté.

«L’Allemagne fait confiance à la France»

L'entourage de François Hollande fait montre de la même volonté de dédramatiser les événements de la fin de semaine dernière, quitte à minimiser des tensions bien réelles, fussent-elles «amicales».

«Il y a une perception alimentée plus ou moins de bonne foi (...) Cela n'a rien à voir avec la réalité, c'est exactement l'inverse qui se passe», soutient-on à l'Elysée. «La chancelière et ses ministres font confiance à la France», continue-t-on.

Le député socialiste Christophe Caresche, membre de la commission des Affaires européennes de l'Assemblée, n'en juge pas moins nécessaire une «initiative franco-allemande» forte après les élections allemandes de septembre, quel que soit leur résultat. «Sinon je suis très inquiet de ce qui se passera aux élections européennes de 2014», souligne cet élu, selon lequel François Hollande et ses conseillers en sont conscients et réfléchissent d'ores et déjà à une telle initiative.