Opposer austérité et croissance est une sottise, selon Alain Juppé

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Le maire de Bordeaux et fondateur de l'UMP Alain Juppé a salué mardi matin sur son blog la "sage décision" prise par Jean-François Copé et François Fillon, d'accord pour demander aux militants s'ils souhaitent éviter une nouvelle élection à la tête du mouvement dans l'immédiat.
Le maire de Bordeaux et fondateur de l'UMP Alain Juppé a salué mardi matin sur son blog la "sage décision" prise par Jean-François Copé et François Fillon, d'accord pour demander aux militants s'ils souhaitent éviter une nouvelle élection à la tête du mouvement dans l'immédiat. — Edouard de Mareschal AFP

L'ancien Premier ministre Alain Juppé a assuré ce lundi qu'il n'y avait «aucune contradiction entre austérité et croissance», voyant un «faux débat» et de la sottise dans le fait d'opposer les deux.

Sur France Inter, le maire de Bordeaux a renouvelé ses vives critiques contre les attaques émanant du PS et visant l'Allemagne et sa chancelière, Angela Merkel. Des divergences d'intérêt entre les deux pays, «il y en a souvent eu», a observé l'ancien ministre des Affaires étrangères. Mais il faut essayer de les «résoudre par un dialogue direct».

«Parler de confrontation, pointer du doigt l'égoïsme de l'Allemagne, c'est détestable»

«Parler de confrontation, pointer du doigt l'égoïsme de l'Allemagne, c'est détestable», a-t-il dit, en allusion à une texte socialiste ensuite rectifié. «N'oublions pas tout le temps qui nous a fallu pour construire une véritable amitié entre la France et l'Allemagne», a dit Alain Juppé. Il a dénoncé une «technique du bouc émissaire» alors que «ce n'est pas l'Allemagne qui est responsable de nos difficultés», notre dette représentant «94% de notre richesse nationale». «Prendre le risque de nourrir un sentiment anti-allemand, c'est extrêmement irresponsable».

Pour lui, «il n'y a aucune contradiction entre austérité et croissance». «C'est typiquement le faux débat, l'Allemagne est passée par une phase de réformes structurelles douloureuses et elle a rétabli sa situation». Il a distingué deux périodes récentes où la France a «remis de l'ordre dans ses finances» : 1986-1988 (Le Premier ministre était Jacques Chirac) et 1995-97 (lui-même était à Matignon). «Qu'est-ce qui est résulté les années suivantes ? Le retour de la croissance : souvenez-vous de la cagnotte Jospin qui sortait directement de la politique de remise en ordre que j'avais faite» Croissance ou austérité? «C'est une alternative que je n'hésite pas à qualifier de sotte», a insisté Alain Juppé, alors que des voix s'élèvent pur réclamer un abandon de l'austérité au profit d'une relance.