Polémique sur l'Allemagne: L'idée d'une confrontation avec Berlin est «contre-productive», selon Pierre Moscovici

POLITIQUE Le ministre de l'Economie ne soutient pas le texte du PS...

avec AFP

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L'idée d'une confrontation avec l'Allemagne est "contre-productive", juge le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici, dans un entretien publié lundi sur le site internet du quotidien Le Monde.
L'idée d'une confrontation avec l'Allemagne est "contre-productive", juge le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici, dans un entretien publié lundi sur le site internet du quotidien Le Monde. — Nicholas Kamm AFP

L'idée d'une confrontation avec l'Allemagne est «contre-productive», juge le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici, dans un entretien publié ce lundi sur le site Internet du quotidien Le Monde.

«L'idée qu'il faudrait une "confrontation" avec l'Allemagne est fausse et totalement contre-productive», déclare Pierre Moscovici, après la parution d'un projet de texte virulent du Parti socialiste contre la chancelière allemande Angel Merkel. «Ce n'est pas en entrant dans une logique de dénonciation, de stigmatisation ou de rupture que l'on peut espérer faire avancer les choses», poursuit Pierre Moscovici, pour qui, «agir ainsi, c'est jouer sur des réflexes assez ambigus et à coup sûr être perdants à l'arrivée».

«Des discussions serrées mais très directes»

Le ministre des Finances s'insurge également contre l'idée que la France serait à la remorque de l'Allemagne et qu'elle ne serait pas assez exigeante dans son dialogue avec la première économie européenne. «Il y a, entre Angela Merkel et (le président français) François Hollande, des discussions serrées mais très directes. Et c'est précisément parce qu'ils se parlent franchement que nous sommes arrivés à faire avancer les choses depuis que nous sommes au pouvoir», juge-t-il dans cet entretien.

Deux ministres français étaient déjà intervenus dimanche pour dénoncer la récente offensive verbale anti-allemande de plusieurs ténors du Parti socialiste, jugeant «irresponsable» et «démagogique» l'idée d'envisager une «confrontation» avec l'Allemagne sur la politique économique. Reprenant des arguments jusqu'alors utilisés par la gauche radicale, le Parti socialiste a dévoilé vendredi un projet de texte sur l'Europe dénonçant «l'intransigeance égoïste» d'Angela Merkel, «chancelière de l'austérité».

Alors que le président François Hollande évoquait fin mars «une tension amicale» avec Angela Merkel, le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, quatrième personnage de l'Etat, était allé jeudi jusqu'à envisager une «confrontation» avec l'Allemagne. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait dû intervenir samedi pour calmer les esprits et insister sur le caractère «indispensable» de l'amitié franco-allemande.