Amnistie sociale : «Provocation», juge Raffarin (UMP)

avec AFP

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L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP), interrogé jeudi par LCI sur les dossiers Bettencourt et Tapie-Adidas, a déploré des "rebondissements" d'une "justice spectacle", qui lui paraissent nuisibles.
L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP), interrogé jeudi par LCI sur les dossiers Bettencourt et Tapie-Adidas, a déploré des "rebondissements" d'une "justice spectacle", qui lui paraissent nuisibles. — Eric Feferberg AFP

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP) a vu ce mercredi une «provocation» et «une violence supplémentaire» dans la proposition de loi communiste visant à une amnistie sociale, accusant le gouvernement de ne pas être «innocent» de cette violence.

Interrogé par i>Télé sur la nécessité ou non d'indulgence vis-à-vis de délits accomplis sur fond de crise économique, le sénateur de la Vienne a répondu : «c'est une violence supplémentaire. Ce gouvernement n'est pas innocent de la violence».

Gouvernement défavorable

«Beaucoup de Français voient des jeunes qui plantent des tentes pour manifester qui sont embarqués en garde à vue», a-t-il dit en allusion aux manifestations contre le mariage homosexuel. «Et le lendemain de ce texte, on va voter l'amnistie pour les casseurs, on va donner le sentiment qu'il n'y plus d'autorité, de respect du bien commun, du bien de tous, y compris de l'entreprise?», s'est insurgé Jean-Pierre Raffarin.

«Tout ceci est une provocation, c'est de la violence», a protesté l'ancien Premier ministre. «Je demande au gouvernement de prendre conscience que notre société est en train d'être profondément violente». «Il faut des gestes majeurs d'apaisement», selon lui, «le gouvernement ne peut pas se contenter d'accuser des groupuscules».

«C'est au fond dans sa politique que sont les plus graves germes de violence», a-t-il accusé.

Le gouvernement est défavorable à la proposition de loi communiste d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux, votée au Sénat et qui arrive à l'Assemblée nationale, a annoncé mercredi le ministre Alain Vidalies.