Le Parlement adopte la loi sur «le mariage pour tous»

POLITIQUE Par une large majorité de 330 voix pour et 225 voix contre...

M.P. avec agences

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Christiane Taubira et Jean-Marc Ayrault se félicitent après le vote de la loi sur le «mariage pour tous» à l'Assemblée nationale, le 23 avril 2013.
Christiane Taubira et Jean-Marc Ayrault se félicitent après le vote de la loi sur le «mariage pour tous» à l'Assemblée nationale, le 23 avril 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La France est devenue ce mardi le 14e Etat au monde à autoriser le mariage homosexuel, une réforme voulue par le pouvoir socialiste qui a révélé une profonde fracture dans le pays où les opposants ne désarment pas face à «un changement majeur de civilisation». L'opposition a d’ailleurs déjà déposé un recours au Conseil constitutionnel.

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«Après 136 heures et 46 minutes de débat, le Parlement a adopté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe», par 331 voix contre 225, s'est réjoui le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, peu après avoir réclamé l’exclusion de l’hémicycle d’opposants très bruyants qui tentaient de déployer une banderole. «Sortez-moi ces excités, les ennemis de la démocratie n'ont rien à faire ici!», a lancé un Bartolone très agacé aux huissiers.L'homme a été placé en garde à vue.

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«C'est un texte généreux, c'est un texte d'égalité»,s'est réjouie la ministre de la Justice Christiane Taubira, «submergée d'émotion» lors d’une séance qualifiée «d’historique» par la majorité. Sauf coup de théâtre, les premières unions homosexuelles devraient pouvoir être célébrées en France à la mi-juin. Il soufflera dans ce pays un souffle d'allégresse», a déclaré Christiane Taubira, dont le lyrisme a marqué des débats souvent houleux.

 

Climat houleux à l’Assemblée et en dehors

Le climat était tendu autant à l'intérieur -Frigide Barjot, égérie des antis, a même été huée - qu'à l'extérieur de l'hémicycle près duquel «anti» et «pro» mariage gay ont prévu de manifester sous haute surveillance policière. Après des débordements lors de rassemblements de «La Manif pour tous», qui s'est dissociée des opposants les plus radicaux, ainsi que plusieurs agressions homophobes, le gouvernement et le Parti socialiste se sont inquiétés d'un «climat délétère» alimenté selon eux par l'ambiguïté de la droite républicaine face à la contestation intégriste ou d'extrême droite.

L'UMP, principal parti d'opposition, a accusé François Hollande d'avoir divisé les Français en persévérant dans une réforme selon lui secondaire - son 31e engagement électoral - au regard de la gravité de la crise économique. «Vous ajoutez de la crise à la crise, vous provoquez des tensions, vous allumez la mèche indigne de l'homophobie», a lancé le député UMP Hervé Mariton avant le vote. Les élus UMP jugent que le projet met en cause deux principes fondamentaux: l'altérité sexuelle des époux et la filiation, inscrite dans une double lignée paternelle et maternelle. Pour Hervé Mariton, le gouvernement brise par cette loi «le bonheur de la filiation, la force de la transmission».

Les dirigeants de l'UMP se sont prononcés pour une «réécriture» ou une «modification» de la loi en cas d'alternance, sans aller jusqu'à l'hypothèse d'une abrogation, juridiquement très complexe. Le Conseil constitutionnel doit désormais se prononcer avant la promulgation de la loi par François Hollande