Thème N°6 : l'immigration

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Le gouvernement espagnol, excédé par la déferlante record d'immigrants clandestins aux Canaries, a tapé lundi du poing sur la table en avertissant les pays africains d'origine qu'il allait exiger l'application des accords signés.
Le gouvernement espagnol, excédé par la déferlante record d'immigrants clandestins aux Canaries, a tapé lundi du poing sur la table en avertissant les pays africains d'origine qu'il allait exiger l'application des accords signés. — Desiree Martin AFP

Les Français beaucoup plus souples que Sarkozy

Régulariser un sans-papiers au seul prétexte que son enfant est scolarisé ou qu’il dispose d’un contrat de travail ne va pas de soi, affirme depuis plusieurs mois le ministère de l’Intérieur. Pas d’accord, lui répondent les Français à travers un sondage exclusif 20 Minutes-RMC-LH2 pour Le Manifeste 2007.
« Pas d’accord du tout », pourrait-on même dire, tant les réponses des sondés sont sans équivoque. 73 % d’entre eux jugent qu’« il faut régulariser les sans-papiers qui ont un contrat de travail et/ou des enfants scolarisés en France ». Si l’on ajoute que 12 % des personnes interrogées estiment qu’« il faut régulariser tous les sans-papiers », ce sont même 85 % des Français qui sont favorables aux régularisations de ceux disposant d’un emploi et/ou dont les enfants fréquentent une école.
De là à déduire que les Français n’écoutent que leur cœur, il y a un pas que François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2, ne franchira pas. « Ces réponses tranchent dans le débat sur les enfants de sans-papiers scolarisés. Mais elles montrent aussi que les Français réclament aux sans-papiers de s’intégrer à notre société, par le travail ou les enfants, avant d’accepter leurs régularisations. Il ne s’agit pas de régularisations massives. Nous sommes davantage face à une position de raison que de cœur, qui prend en compte une situation acquise. »
Malgré cette réserve, le réseau Education sans frontière (RESF) voit dans cette enquête un signe fort d’encouragement. « Ma première réaction à ce sondage est la surprise, parce qu’il va à l’encontre de ce qui est colporté par certains politiciens, indique Richard Moyon, porte-parole du réseau. Ma seconde réaction c’est l’absence de surprise, parce qu’à RESF nous constatons chaque jour à quel point la population nous soutient. Chaque fois que la réalité des sans-papiers est sous leurs yeux, les gens prennent fait et cause pour eux. La médiatisation de lycéens ou du squat de Cachan a aussi participé de cette prise de conscience que les sans-papiers étaient des gens comme vous et moi.»


Stéphane Colineau

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