Vincent Peillon annonce les premiers cours de morale laïque pour la rentrée 2015

EDUCATION Le ministre de l'Education nationale avait fait part en septembre dernier de sa volonté d'introduire ces cours au programme...

Delphine Bancaud

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Tous les enseignants seront formés à cette nouvelle discipline, a annoncé Vincent Peillon.
Tous les enseignants seront formés à cette nouvelle discipline, a annoncé Vincent Peillon. — F. ELSNER / 20 MINUTES

«Il faut réaffirmer le vivre ensemble», a déclaré lundi le ministre de l'Education, Vincent Peillon, qui a confirmé que la morale laïque sera enseignée à l'école dès la rentrée 2015. Il s'agira de cours «dédiés», soit une heure par semaine en primaire et au collège et dix-huit heures par an au lycée.

«La morale laïque, ce n'est pas la morale du ministre», a précisé Vincent Peillon, qui confiera dès l'automne prochain au Conseil national des programmes, une instance indépendante, le soin de définir le contenu de ces cours. «Tous les enseignants seront formés à pouvoir l'assurer et ceux qui le voudront le feront, a expliqué le ministre. Je ne veux pas que ce soit la chasse gardée des philosophes ou des historiens.» Cet enseignement devrait donner lieu à une évaluation, «par exemple lors du brevet des collèges ou sous forme de contrôle continu au bac», a-t-il précisé.

Apprendre à débattre

Des annonces plutôt bien accueillies car, pour le sociologue de l'éducation François Dubet, «l'école s'était trop désintéressée de ces questions-là. Or, dans une société plurielle comme la nôtre, il est important de redéfinir des valeurs qui font consensus, comme le respect de l'individu ou la solidarité.» Un avis partagé par Jean Bauberot, sociologue de la laïcité au CNRS: «Cet enseignement devrait aider les élèves à structurer leur pensée, à acquérir une vision critique de la société et à argumenter.»

Mais pour que ces cours soient utiles, François Dubet souligne l'importance qu'ils ne s'apparentent pas à «un catéchisme laïque, déconnecté de l'expérience de vie des élèves, afin d'éviter une trop grande distorsion entre la théorie et la réalité». D'où l'intérêt, selon Jean Bauberot, d'«équilibrer l'acquisition de connaissances avec de l'action et des débats, via des jeux de rôle par exemple». Et même si ces cours de morale laïque «ne suffiront pas à endiguer les violences scolaires», selon François Dubet, ils pourraient contribuer à apaiser le climat scolaire dans certains établissements.