«Mariage pour tous»: La France va devenir le 14e pays à ouvrir le mariage aux personnes de même sexe

LOI Le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de mêmes sexes est voté ce mardi...

avec AFP

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Manifestation pour le Mariage pour Tous à Paris, le 27 janvier 2013.
Manifestation pour le Mariage pour Tous à Paris, le 27 janvier 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La France devient, ce mardi, le 9e pays européen à autoriser le mariage homosexuel, et le 14e dans le monde, par un vote historique de l'Assemblée nationale, sans pour autant que cessent les manifestations des «anti», qui appelent à des manifestations dans tout le pays.

Sans surprise, l'Assemblée nationale adoptera définitivement dans l'après-midi, aux alentours de 17 heures, le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de mêmes sexes.

Forte de l'ampleur du mouvement d'opposition, la droite espère toujours que le gouvernement renoncera finalement à sa réforme. La plupart de ses responsables clament qu'elle reviendra de toute façon sur ce texte en cas d'alternance. Et dans l'immédiat, les parlementaires UMP ont d'ores et déjà préparé un recours devant le Conseil constitutionnel.

En attendant, l'ambiance devrait être tendue à proximité du Palais-Bourbon qui connaît des manifestations quotidiennes depuis une semaine.

Déjà autorisé dans huit pays européens

A Paris, les anti-mariage gay se retrouveront, à l'appel de La Manif pour tous à partir de 19 heures, à Sèvres-Babylone (VIIe) pour se rendre près de l'Assemblée nationale. «La loi va être votée, nous n'avons aucun doute là-dessus et demain nous ne manifesterons pas contre le vote mais pour proposer une autre solution, celle de l'union civile qui, contrairement au mariage, n'aurait pas de conséquence sur la filiation», a déclaré à l'AFP Frigide Barjot. En Europe, de telles unions civiles existent notamment depuis 2001 en Allemagne et depuis 2007 en Suisse.

Dans huit autres pays européens (Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal, Islande et Danemark), c'est le mariage lui-même qui est autorisé. Toutefois, au Portugal, l'adoption est exclue.

Les «pro», d'abord à l'appel du collectif «oui, oui, oui» appellent aussi à un rassemblement mardi à partir de 17h près de l'Assemblée, puis à un autre, à l'appel cette fois de l'Inter-LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans), à partir de 18h à proximité de l'Hôtel de Ville.

En province, des rassemblements analogues sont prévus: pro mariage gay à Toulouse, Marseille, Aix-en-Provence, Montpellier, Lyon. Les anti seront à Chambéry, Bordeaux, La Roche-sur-Yon.

Ambiance crispée

A la veille du vote et au lendemain de la manifestation parisienne, l'ambiance autour du projet de loi s'est singulièrement crispée avec l'envoi d'une lettre contenant de la poudre de munition à Claude Bartolone, le président PS de l'Assemblée nationale. Dans cette missive, une anonyme Interaction des forces de l'ordre le mettait «en demeure de surseoir au vote définitif» de la loi.

Plusieurs personnalités se sont alarmées de ce développement, à commencer par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui a souligné qu'il fallait prendre une telle menace «très au sérieux».

La Garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui a porté de bout en bout le projet, s'est déclarée «très inquiète de l'ambiance générale». «Plusieurs d'entre nous sont directement visés, ciblés», a-t-elle estimé. Qu'est ce que c'est que ce climat d'intolérance, cette incapacité à accepter le débat, les désaccords?», a-t-elle déploré.

Situation contrastée dans l'opposition

Dans l'hémicycle, les députés de la majorité devraient très majoritairement voter cette seconde lecture du texte, conforme à la version adoptée le 12 avril dernier par les sénateurs.

Lors de la première lecture, le 12 février dernier, au groupe socialiste, seuls quatre députés avaient voté contre, un seul au Front de gauche, écologistes et radicaux de gauche ayant été unanimes sur le sujet.

Dans l'opposition, la situation devrait être plus contrastée. En février, seuls Benoist Apparu et Franck Riester avaient, à l'UMP, approuvé la réforme. Comme quatre députés de l'UDI (Jean-Louis Borloo, leur chef de file, et Jean-Christophe Lagarde, leur porte-parole, approuvent le texte).

A droite comme au centre, ils avaient été en revanche assez nombreux à s'abstenir, notamment Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire et Pierre Lellouche.

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