Claude Bartolone, le président de l'Assemblée Nationale, lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013.
Claude Bartolone, le président de l'Assemblée Nationale, lors des questions au gourvernement, le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

POLITIQUE

«Mariage pour tous»: Fin de l'examen du texte dans une ambiance agitée

Claude Bartolone promet des sanctions...

A l'issue d'une nuit blanche émaillée d'incidents, les députés français ont achevé vendredi l'examen en seconde lecture du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, qui continue de susciter de vifs débats dans le pays. L'Assemblée nationale se prononcera mardi par un vote solennel sur l'ensemble du texte, tel qu'il a été adopté vendredi dernier au Sénat. Le projet de loi présenté par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, sera alors considéré comme définitivement adopté.

Le groupe UMP, qui a d'ores et déjà annoncé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel, a tenté de radicaliser le débat en multipliant les amendements - 3.200 -, les propos musclés voire certains dérapages. Un nouvel incident a éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi. Plusieurs députés UMP se sont rendus au banc du gouvernement pour protester contre une mimique d'un collaborateur de la ministre de la Justice. Le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, et les huissiers se sont interposés et les députés UMP ont failli en venir aux mains avec eux.

Voir la vidéo de l'incident:

«Rien ne peut justifier la descente qu'il y a eu pour menacer un membre du cabinet de la garde des Sceaux», a dit le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS), en promettant des sanctions. Le président de la commission des Lois, Jean-Jacques Urvoas (PS), a accusé l'opposition d'avoir créé un incident «dans un climat qui rappelait plus le Parlement russe.

Incidents des antis

Comme la veille, une manifestation aux abords du Palais-Bourbon d'opposants au «mariage pour tous» a été marquée dans la soirée par des incidents et l'interpellation de dizaines de personnes.  «Ce n'est pas terminé tant qu'une loi n'est pas promulguée», a dit le président du groupe UMP, Christian Jacob, à l'issue des débats. «Le combat continue», a-t-il ajouté. «Nous allons maintenant préparer notre recours devant le Conseil constitutionnel.» 

Le gouvernement avait décidé d'utiliser la procédure du «temps programmé», instaurée sous la précédente majorité, qui limite la durée des débats pour accélérer l'examen du texte. Le temps de débat global avait ainsi été fixé à 25 heures. Mais l'opposition a recouru vendredi à une procédure peu utilisée qui permet, à la fin de l'examen des amendements et articles, de prolonger les débats en multipliant les explications de vote.

Engagé mercredi, l'examen en seconde lecture du texte par les députés s'est déroulé dans une Assemblée entourée d'un imposant dispositif policier. Des organisations hostiles au «mariage pour tous» avaient appelé à manifester chaque soir aux abords du Palais-Bourbon. Plusieurs députés UMP, dont Christian Jacob, se sont rendus à ces manifestations.