Municipales à Paris: Débat vif et attendu entre Rachida Dati et Anne Hidalgo

Alexandre Sulzer

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La candidate PS à la mairie Anne Hidalgo et la candidate à la primaire UMP Rachida Dati se sont affrontées mercredi 17 avril à Sciences-Po.
La candidate PS à la mairie Anne Hidalgo et la candidate à la primaire UMP Rachida Dati se sont affrontées mercredi 17 avril à Sciences-Po. — V.WARTNER / 20 MINUTES

Paris vaut bien une grande messe médiatique. La candidate PS à la mairie Anne Hidalgo et la candidate à la primaire UMP Rachida Dati se sont affrontées âprement mercredi soir à Sciences-Po, lors du tout premier débat de la municipale. Un échange attendu puisqu’il s’agissait pour chacune des politiques de faire ses preuves en tant que candidate, au moins potentielle.

Chiffres en bandoulière en bonne première adjointe de la Ville, Anne Hidalgo promet qu’elle transformerait des bureaux en logements et qu’elle gèlerait le prix du foncier. Dans sa position de challengeuse, Rachida Dati attaque bille en tête: «la gauche est à Paris depuis 2001, je me réjouis qu’enfin, elle découvre Paris et les Parisiens!»

Pas de place pour NKM

A chaque saillie, les étudiants UMP et PS applaudissent ou huent, selon son auteur. L’ancienne garde des Sceaux dénonce un «Paris des aisés et des aidés», regrettant que le logement social – rebaptisé «logement pour tous» par son adversaire - ne soit pas accessible aux classes moyennes. «Quand on construit uniquement dans l’Est parisien, ce n’est pas du logement social, c’est du ghetto!» Puis, rétorquant à Anne Hidalgo qui lui fait observer qu’elle s’est opposée aux projets de logement social dans son arrondissement: «ce sont des Parisiens comme les autres, les gens du 7e!».

Les rires fusent. Rachida Dati ne se laisse pas démonter. Pour elle, la fermeture des voies sur berge a été faite «sur un coin de bureau» et doit être réexaminée «dans le cadre du Grand Paris». C’est d’ailleurs sur les transports qu’intervient la seule nouvelle promesse de la soirée. Celle d’Anne Hidalgo d’interdire les bus de tourisme au diesel dans la capitale et de demander à la RATP de changer son parc de bus diesel au cours de la mandature. «Accordez-vous, on n’aurait pas perdu 10 ans!», réagit Rachida Dati, rappelant que le président de la Région, en charge des transports, est socialiste. Mais omettant de souligner que sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet a formulé des propositions similaires. NKM, dont le nom n’a pas été prononcé une fois, reste la grande favorite de la primaire UMP.