Ayrault récuse tout différend avec Bartolone

Avec Reuters

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Jean-Marc Ayrault a affirmé ce mercredi ne pas avoir de «différend» avec Claude Bartolone à propos de la publication des patrimoines des parlementaires. Le président socialiste de l'Assemblée nationale a fait part ces derniers jours de ses «réserves» sur le projet de loi du gouvernement qui propose d'obliger les parlementaires à publier leur patrimoine, comme c'est désormais le cas pour les membres du gouvernement. «Je n'ai pas de différend avec le président de l'Assemblée nationale», a dit le Premier ministre devant la presse parlementaire.«J'exprime le point de vue du gouvernement», a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement a confirmé que le projet de loi sur la moralisation de la vie politique serait présenté mercredi prochain en conseil des ministres et qu'il comporterait trois volets, et d'abord celui relatif à la transparence de la vie publique avec la publication des patrimoines. Il a précisé que la Haute autorité disposerait de moyens suffisants pour mieux contrôler les déclarations de patrimoines. Le second volet concernera la lutte contre la fraude fiscale, tant au niveau interne qu'européen et international. Il a précisé qu'un office central serait mis en place, avec des effectifs doublés par rapport à aujourd'hui.

Il a rappelé que la fraude fiscale entraînait une perte de recettes annuelles de «40-50 milliards d'euros» pour la France. Le troisième volet du projet de loi concernera la «bataille» contre les paradis fiscaux, au niveau national, européen et international.

Interrogé sur la «fronde» menée par Claude Bartolone contre la publication des patrimoines des parlementaires et les rumeurs selon lesquelles le président de l'Assemblée serait interessé par Matignon, le Premier ministre a répondu sur un ton ironique. «Pour être au gouvernement, il faut publier son patrimoine. Non, je plaisante», a-t-il dit, moqueur. «Je ne pense pas au coup d'après en ce qui me concerne», a-t-il ajouté. «Je consacre mon énergie, tout ce que j'ai en moi au service du redressement du pays (...). Le reste ne m'intéresse pas.»