Cahuzac a «glissé une peau de banane» sous les pieds de Hollande selon Filippetti

M.P.

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Aurélie Filippetti à la sortie d'un conseil des ministres, à Paris le 10 avril 2013.
Aurélie Filippetti à la sortie d'un conseil des ministres, à Paris le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Hormis «la faute morale» et la «folle bêtise», beaucoup d’observateurs ont retenu de la confession de Jérôme Cahuzac qu’il a dit «ignorer le degré de connaissance» qu’avait le chef de l’Etat sur son compte en Suisse.  Il a bien répété avoir « menti» à François Hollande mais ne s’est pas prononcé sur ce que le chef de l’Etat savait réellement ou pas, un angle d’attaque de l’opposition depuis les aveux du 2 avril.

Pour Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, il s’agit d’une peau de banane» glissée sous les pas de François Hollande. Cette déclaration, a-t-elle dit sur France Info, «montre bien qu'entre le président et l'ancien ministre du Budget il n'y a jamais eu de relation de confiance et, bien paradoxalement et sans doute contrairement à ce que voulait l'auteur, cette phrase finalement exonère le président de la République de toute forme de complicité passive dans cette affaire», a-t-elle estimé. Et la ministre de tacler l’exercice de confession qui, d’après elle, «ressemblait à de la téléréalité et (…) ne grandissait pas la vie politique.»

Des «zones d’ombres» relevées par Copé

Même affirmation de la part de Jean-Marc Ayrault, invité de France inter, selon lequel il n’y a «aucune interprétation à avoir» de ces déclarations. François Hollande «n’avait pas d’informations» car «s’il en avait eu, Jérôme Cahuzac n’aurait pas été nommé ministre du Budget Le Premier ministre s’est de nouveau montré très sévère à l’encontre de son ex-ministre: «Il y avait un côté pathétique, de quelqu'un qui avait menti, gravement menti, non seulement devant le président de la République mais aussi devant la représentation nationale et aux français.»

François Rebsamen, président du groupe PS au Sénat, a jugé sur I-télé qu’il n’y avait «pas de doute» à avoir». «Il Il n'y a pas de fonctionnement d'une police parallèle, d'informations parallèles. Simplement, il a menti à François Hollande. Deux fois», a-t-il insisté. Dominique Lefebvre, le député PS du Val-d’Oise, qui passe pour être l’un des meilleurs amis en politique de Jérôme Cahuzac, a lui affirmé sur France Inter «qu’il ne croit pas que Jérôme Cahuzac ait voulu mettre en cause l’exécutif».

 

Du côté de l’opposition, on n’a évidemment pas entendu les mêmes choses dans les déclarations de Jérôme Cahuzac. En déplacement au Creusot (Saône-et-Loire), Jean-François Copé a parlé de «zones d’ombre», rapportent Les Echos.  «Un certain nombre de zones d'ombre, comme dit Jérôme Cahuzac, ne sont pas levées. Lorsque Jérôme Cahuzac dit qu'il ignore lui-même le degré de connaissance par François Hollande de sa situation, ça en dit long sur l'incertitude», a-t-il notamment déclaré.