Jérôme Cahuzac lâche l'Assemblée et demande pardon

POLITIQUE L'ancien ministre, interrogé près d'une demi-heure à la télévision, a décidé d'abandonner son mandat de député...

Vincent Vantighem

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" J'ai commis une folle bêtise il y a vingt ans ", a reconnu Jérôme Cahuzac.
" J'ai commis une folle bêtise il y a vingt ans ", a reconnu Jérôme Cahuzac. — BFM - RMC

Il a entendu «ceux qui l'avaient élu» et aussi «ceux qui l'ont critiqué». Finalement, deux semaines après avoir avoué détenir un compte bancaire à l'étranger, Jérôme Cahuzac a annoncé, mardi, qu'il abandonnait son mandat parlementaire. «La gravité de cette faute ne me permet pas de rester député», a-t-il lâché dans un acte de contrition de près d'une demi-heure diffusé sur BFMTV, dans lequel il a assuré vouloir «rebâtir [sa] vie».

Une «part d'ombre»

Souriant mais tendu, l'ancien ministre du Budget est longuement revenu sur ce qu'il nomme sa «part d'ombre». «J'ai commis une folle bêtise il y a vingt ans. Qui n'a pas une part d'ombre? (…) Et puis j'ai oublié cette affaire à force de l'occulter», a-t-il raconté. S'il s'est menti à lui-même avant de mentir aux autres, l'élu du Lot-et-Garonne a indiqué qu'il avait tenté de clore ce fameux compte. «Mais je n'ai jamais trouvé la solution, a-t-il souligné. A chaque fois, cela passait par la levée de l'anonymat. Je ne le pouvais pas.» Car l'ancien chirurgien, spécialiste des implants capillaires, avait de l'ambition. «J'aurais dû refuser le poste de ministre du Budget quand on me l'a confié, a-t-il confessé. Mais je n'ai pas eu la force d'âme de le faire.»

>> Son interview sur BFMTV à revivre par ici

Contrairement à certaines rumeurs, Jérôme Cahuzac assure n'avoir pas pensé au suicide après ses aveux. «A terre», il a reconnu tout de même qu'il se «consume de l'intérieur depuis le mois de décembre». Désormais, il entend se consacrer à l'épreuve judiciaire qui l'attend. Un retour à la vie politique? «Cela me paraît infiniment peu probable», a-t-il répondu avant de souhaiter «bonne chance pour conduire le pays» à François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Au passage, l'ancien strauss-kahnien en a profité pour dédouaner les ténors de l'exécutif. «Au président, comme au Premier ministre, comme à Pierre Moscovici, je n'ai pas dit la vérité», a-t-il admis. Avant de conclure: «Je leur ai écrit pour leur demander pardon. C'est à eux de voir désormais s'ils peuvent me l'accorder…»