Gérard Dalongeville: «Avec ce livre, je voulais évoquer le Hollande que j'ai connu»

INTERVIEW Après «Rose Mafia», l'ancien maire PS d'Hénin-Beaumont sort un nouveau livre cette semaine, avant son procès du mois de mai...

Propos recueuillis par Gilles Durand

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Arras, le 16 avril 2013. L'ancien maire socialiste de Hénin-Beaumont (62) Gérard Dalongeville dont le procès débute fin mai 2013, sort un nouveau livre politique sur le Parti Socialiste (PS).
Arras, le 16 avril 2013. L'ancien maire socialiste de Hénin-Beaumont (62) Gérard Dalongeville dont le procès débute fin mai 2013, sort un nouveau livre politique sur le Parti Socialiste (PS). — M.LIBERT/20 MINUTES

Un nouveau livre -PS, je t'aime moi non plus, éditions Jean-Claude Gawsewitch- qui sort vendredi, un procès qui s’ouvre fin mai: l’ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, auteur du retentissant Rose Mafia, va faire de nouveau l’actualité ces prochains jour. 20 Minutes l’a rencontré.

Pourquoi ce livre sur le PS?

Je reste un homme de gauche socialiste. Je ne retournerai au PS, mais ce parti n’a pas le monopole du socialisme. Je n’ai pas été condamné et j’estime avoir le droit de donner mon avis.

Vous semblez rêver d’un ticket Hollande-Aubry. Pourquoi?

Dans l’opinion publique, Martine Aubry est perçue comme socialement ancrée à gauche. Alors qu’elle adore fréquenter les grands patrons. Mais elle pourrait rassembler à gauche. Elle est complémentaire de Hollande. Leur alliance pourrait sauver le  PS au pouvoir.

Quel était le point de départ de ce livre?

C’était d’évoquer le François Hollande que j’avais connu. Je faisais partie de ses premiers soutiens. Nous étions peu nombreux en 2008. Je donne mon opinion sur cette première année de mandat.

En quoi ce livre est en lien avec votre procès?

Aujourd’hui, on a du recul sur l’affaire d’Hénin-Beaumont. Au fur et à mesure des ouvertures d’informations judiciaires sur certaines pratiques dans le bassin minier, on s’aperçoit que beaucoup de choses sont liées. Beaucoup souhaitaient que l’incendie reste circonscrit à Hénin, c’est raté.

Comment abordez-vous ce procès?

Je vais apporter les preuves et les témoignages de ce que je dis depuis deux ans. Le cœur de ce procès sera de savoir si les détournements d’argent, dont je suis accusé, avaient un objectif idéologique. Pendant la guerre froide, cet argent servait à empêcher le Parti communiste de prospérer dans des lieux sensibles comme le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais ou le port de Marseille. La CGT y était puissante. Dans les années 70 et 80, chaque ville reprise au PC était une victoire socialiste collective. Puis, il y a eu la chute du mur de Berlin qui n’est pas tombé sur le coffre du PS. Depuis, les pratiques ont continué. Mais pour quel profit? Collectif ou personnel?

Pourquoi demander à François Hollande de témoigner?

Il était premier secrétaire du PS. Il devait savoir ce qui se passait dans le Pas-de-Calais. Dans sa tirade pendant le débat avec Sarkozy, il a dit «Moi président, je repondrai à la convocation de la justice si elle concerne le PS». On ne peut pas le forcer, mais je pense qu’un courrier de sa part aurait du poids au procès.

Vous avez peur de retourner en prison à l’issue de votre procès?

J’y pense, mais je reste serein. Je ne connais pas d’hommes politiques impliqués dans des affaires comme la mienne qui ont fait de la prison.