Avec Force républicaine, Fillon met en route sa machine de guerre pour 2017

avec AFP

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François Fillon a dit dimanche qu'il était actuellement "dans l'esprit d'être candidat" à la présidence de l'UMP et estimé que les règles des primaires à droite pour la présidentielle de 2017 devaient être les mêmes "pour tous", y compris Nicolas Sarkozy.
François Fillon a dit dimanche qu'il était actuellement "dans l'esprit d'être candidat" à la présidence de l'UMP et estimé que les règles des primaires à droite pour la présidentielle de 2017 devaient être les mêmes "pour tous", y compris Nicolas Sarkozy. — Kenzo Tribouillard AFP

Quatre mois après la crise fratricide à l'UMP, François Fillon, qui vient de lancer la campagne d'adhésion à son mouvement Force républicaine (FR), met en route sa machine de guerre en vue de l'élection présidentielle de 2017.

Selon l'ancien Premier ministre, Force républicaine a «un double objectif: bâtir un projet percutant et innovant» pour sortir la France de «sa dépression économique, sociale et civique», «rassembler les Français car rien ne sera possible sans unité».

«Force républicaine nous permettra d'amplifier notre action. Nous devons nous opposer fermement à la gauche» et «porter nos efforts sur l'élaboration d'un projet d'avenir», a écrit François Fillon dans le courrier adressé vendredi à ses soutiens lors de l'élection à la présidence de l'UMP, à l'automne dernier.

Selon son porte-parole Jérôme Chartier, ce courrier a été envoyé par la poste ou par mail à quelque 30.000 personnes. En rivalité avec Jean-François Copé, le président de l'UMP à qui il dispute le rôle de premier opposant et qui pourrait être son plus sérieux concurrent à la primaire de 2016, François Fillon ne veut en revanche pas positionner FR en concurrent de l'UMP.

«Au côté de l'UMP et pour l'UMP, j'entends accroître nos capacités à attirer d'autres citoyens qui cherchent de nouvelles raisons de s'engager», écrit-il également dans la lettre à ses soutiens. En ouvrant le 4 avril dernier la première antenne locale de FR à Andilly (Val d'Oise), François Fillon avait souhaité que son mouvement soit «à la pointe de la constestation». Selon Jérôme Chartier, «d'ici un an, Force républicaine aura une antenne dans chaque département». La mise en place d'un «think tank» d'experts est également prévu fin 2013.

L'ancien chef de gouvernement entend s'appuyer sur ce réseau pour mettre au point le «projet d'alternance» qu'il présentera en 2016.

«La bonne entente»

«On aurait fait Force Républicaine même si on avait gagné la présidence de l'UMP», a affirmé Jérôme Chartier. Les fillonistes accusent les copéistes d'avoir triché lors de cette élection. Mais depuis l'accord passé entre eux en décembre, chaque camp insiste sur «la bonne entente» qui règne désormais entre leurs deux champions, dont l'objectif est de lutter contre la gestion «catastrophique» de la France, selon eux, par les socialistes.

A la différence de l'UMP, qui revendique environ 350.000 adhérents de droite et du centre, FR s'adresse à ceux, parmi les Français, «qui se reconnaissent dans l'engagement de François Fillon». Il n'est pas nécessaire d'être encarté UMP pour adhérer à FR.

Force républicaine est la transformation de france.9, le club de réflexion fondé par François Fillon avant la présidentielle de 2002, regroupant d'anciens séguinistes qui se réclament du «gaullisme social» de leur mentor Philippe Séguin.

Dans l'entourage du président de l'UMP, on ne veut voir dans FR qu'un club parmi tous ceux qui gravitent autour du parti: generationfrance.fr fondée par Jean-François Copé, la France droite de Nathalie Kosciusko-Morizet, le Labo des idées de Valérie Pécresse ou encore France moderne et humaniste de Jean-Pierre Raffarin, tous très actifs.

«On ne voit pas ça comme une concurrence mais comme un moyen pour Fillon et ses alliés de se procurer de l'argent», assure un proche de Jean-François Copé.