Plainte contre Georges Tron à Evry pour subornation de témoins

20 Minutes avec AFP
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Le parquet d'Evry a requis mercredi un non-lieu pour l'ex-ministre UMP Georges Tron, accusé de viols et d'agressions sexuelles par deux anciennes employées municipales de sa commune de Draveil (Essonne), a-t-on appris de sources proches de l'enquête.
Le parquet d'Evry a requis mercredi un non-lieu pour l'ex-ministre UMP Georges Tron, accusé de viols et d'agressions sexuelles par deux anciennes employées municipales de sa commune de Draveil (Essonne), a-t-on appris de sources proches de l'enquête. — Bertrand Langlois AFP

Les avocats des deux ex-employées municipales de Draveil (Essonne), qui accusent le maire (UMP) Georges Tron de viols, ont annoncé jeudi à l'AFP le dépôt d'une nouvelle plainte à l'encontre de l'élu, pour subornation de témoins.

Les  deux femmes dénoncent, par le biais de leurs avocats Me Yaël Mellul et  Me Vincent Ollivier, des pressions et menaces exercées, directement ou  indirectement par M. Tron «à l'encontre de plusieurs personnes, ce afin  de les dissuader de déposer ou d'orienter leurs témoignages».

Fin de l'instruction en octobre 2012

Dans  leurs plaintes, qu'ils ont indiqué avoir envoyé jeudi au procureur de  la république d'Évry, et dont l'AFP a obtenu copie, les avocats  reprochent à Georges Tron d'avoir «organisé au sein de sa mairie (...)  de véritables services de rédaction et production d'attestations, et de  sessions de préparations aux auditions des témoins».

«Plusieurs  dizaines de personnes, dont un certain nombre faisant partie du  personnel de la mairie se sont ainsi vues invitées à rédiger des  attestations, toutes conçues sur le même modèle, toutes adressées depuis  le même bureau de poste et toutes envoyées à la même adresse erronée»,  continuent Me Mellul et Me Ollivier.

Ils ajoutent que «ces  circonstances ont été relevées par les services enquêteurs et  mentionnées dans le rapport de synthèse dressé à l'issue de l'enquête  préliminaire».

Renvoi devant la justice ou non-lieu

Pour  l'avocat de Georges Tron, Me Olivier Schnerb, il s'agit d'une «ultime  tentative de survie artificielle du dossier (...) tandis que les juges  d'instruction ont notifié il y a plusieurs mois la fin de l'instruction,  que la chambre de l'instruction a rejeté les demandes d'actes  complémentaires des avocats des plaignantes et tandis que la défense  attend sereinement les réquisitions».

«En termes militaire et  humoristique, cela s'appelle: +continuer de tirer pour faire croire à  l'ennemi qu'on a encore des munitions+», a-t-il commenté. Georges Tron,  55 ans, a été mis en examen en juin 2011 pour viols et agressions  sexuelles en réunion et par personne ayant autorité. Il a été laissé en  liberté sous contrôle judiciaire.

La fin de cette instruction a  été notifiée en octobre 2012. Le parquet d'Évry doit désormais requérir  un renvoi devant la justice ou un non-lieu. Cette affaire avait conduit  M. Tron à démissionner de son poste de secrétaire d'État à la Fonction  publique en mai 2011. En juin 2012, il a perdu son siège de député, ravi  par le socialiste Thierry Mandon.