«Mariage pour tous» au Sénat: Pierre Laurent accuse la droite «d’homophobie», Jean-Pierre Raffarin «révolté»

POLITIQUE Le sénateur communiste a estimé que l'opposition voulait pour les homosexuels «des droits de sous-citoyens»...

E.O.

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Jean-Pierre Raffarin, le 22 octobre 2010 au Sénat.
Jean-Pierre Raffarin, le 22 octobre 2010 au Sénat. — REUTERS/Charles Platiau

«Dans les arguments entendus chez les opposants à ce progrès, il y a ceux qui relèvent d’une homophobie franche et déclarée, une homophobie agressive et brutale. Il y a aussi une homophobie honteuse, larvée». Les mots de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur de Paris, ont mis le feu au Sénat, lundi soir.

L’élu communiste a déploré «l’invention de droits de second ordre, des droits de sous-citoyens, de demi-citoyens», ironisant sur le fait que «le Pacs, hier combattu par les mêmes, suffirait bien aujourd’hui».

«On nous a traités de délinquants!»

«C’est non seulement une conception homophobe, mais c’est une conception profondément sexiste», a dit Pierre Laurent alors que l’opposition lançait des cris outrés dans l’hémicycle. «C’est honteux, inacceptable», s’est exclamé ainsi Jean-Pierre Raffarin, avant de prendre le micro pour «dire la révolte» de son groupe.

«On nous a traités de délinquants!», s’est ému l’ex-Premier ministre, sénateur de la Vienne, «car depuis la loi du 30 décembre 2004 que j’ai fait voter avec la création de la Halde, vous avez plusieurs mois de prison et plusieurs dizaines de milliers d’euros (d’amende) quand vous êtes homophobe». «Nous vous demandons de croire en notre bonne foi: nous n’avons pas vis-à-vis des homosexuels une attitude de compassion, de distance, nous avons une attitude de respect», a-t-il assuré.

Le Sénat observe depuis jeudi le texte sur le «mariage pour tous», adopté en première lecture à l’Assemblée le 12 février. Comme au Palais-Bourbon, les élus ont rejeté l’idée d’un référendum sur le sujet, ainsi que la création d’une «union civile», alternative au mariage.