Fabius: Libération se défend de colporter une rumeur

avec AFP

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La direction de Libération s'est défendue lundi d'avoir propagé une rumeur sans fondement sur une "possible affaire" de comptes à l'étranger de Laurent Fabius, en invoquant la liberté d'information et l'existence d'un démenti officiel de l'avocat du ministre des Affaires étrangères.
La direction de Libération s'est défendue lundi d'avoir propagé une rumeur sans fondement sur une "possible affaire" de comptes à l'étranger de Laurent Fabius, en invoquant la liberté d'information et l'existence d'un démenti officiel de l'avocat du ministre des Affaires étrangères. — Peter Muhly AFP

La direction de Libération s'est défendue lundi d'avoir propagé une rumeur sans fondement sur une «possible affaire» de comptes à l'étranger de Laurent Fabius, en invoquant la liberté d'information et l'existence d'un démenti officiel de l'avocat du ministre des Affaires étrangères.

Le quotidien a fait trois pages, dont sa Une, sur une «possible affaire Fabius (qui) tétanise l'Elysée», assurant qu'un«scénario noir circule dans tous les ministères: Mediapart aurait les preuves que Laurent Fabius détient un ou plusieurs comptes en Suisse».

«Libération perd la tête»

«Libération perd la tête: demain, il transforme en information une rumeur sur Fabius en prétendant démentir une non-information de Mediapart», twittait dès dimanche soir Edwy Plenel, le directeur du site qui a révélé l'affaire Cahuzac en décembre.

«Certains médias perdraient-ils tout repère ? Après ne pas avoir accordé suffisamment de crédit aux informations documentées et recoupées de Mediapart sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac, voici qu'ils officialisent et relayent une rumeur concernant Laurent Fabius, pour les mêmes faits», ajoutait-il lundi matin sur son blog.

«Il était impensable de ne pas donner ces informations à nos lecteurs», s'est défendu Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction de Libération, répondant à l'AFP. La Société civile des personnels de Libération, dans un communiqué diffusé lundi, «déplore que Libération ait relayé ce matin une rumeur sans fondement sur un prétendu compte en Suisse de Laurent Fabius, avec pour effet de l'accréditer».

«Notre travail de journaliste ne consiste pas à rendre publique une rumeur, mais à enquêter pour savoir si elle correspond à des faits. Ce travail élémentaire n'a pas été fait. Il s'agit là d'une faute déontologique grave».