Joly appelle à manifester avec Mélenchon pour une meilleure transparence de la vie politique

POLITIQUE Une initiative qui passe mal auprès du numéro un d’Europe Ecologie-Les Verts...

Avec Reuters

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Eva Joly le 7 juin 2012 à Bazouges-sur-le-Loir.
Eva Joly le 7 juin 2012 à Bazouges-sur-le-Loir. — J.-F. MONIER / AFP

L’ex-candidate EELV à la présidentielle Eva Joly a appelé ce lundi à participer à la marche prévue par Jean-Luc Mélenchon le 5 mai prochain pour réclamer des mesures de moralisation de la vie publique après l'affaire Cahuzac. «J'appelle à manifester le 5 mai, à ses côtés, pour clairement dire que nous voulons la VIe République, nous voulons la fin du cumul des mandats et nous voulons un vrai combat contre la finance, contre la fraude fiscale, contre la corruption», a  dit sur BFM-TV l’ex-magistrate qui a fait de la moralisation de la vie politique un de ses chevaux de bataille.

Durand agacé

Une position qui détonne, tant les écologistes sont critiques envers Jean-Luc Mélenchon qu’ils taxent de populisme. Mais l’eurodéputée justifie sa position par l’insuffisance des mesures annoncées par le couple exécutif pour mettre fin aux nombreux scandales qui émaillent la vie politique française.

Pour l'eurodéputée, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont été «d'une naïveté coupable» dans l'affaire du compte suisse de l'ancien ministre du Budget, car «tout était sur la table». «Nous savons ce qu’il faut faire, mais nous ne le faisons pas et cela fait vingt ans que ça dure. Maintenant, le moment est venu car l’opinion a compris qu’il y avait un double langage. L’époque où on pouvait frauder le fisc et penser que ce n’était pas grave est maintenant révolue», a-t-elle tancé.

Chassaigne pas sûr de manifester

Mais cette démarche a aussitôt été critiquée par Pascal Durand, le patron d’Europe Ecologie-Les Verts. «Je suis extrêmement déçu», a-t-il lâché sur BFM-TV, de voir émerger «des réponses individuelles à un moment où nous avons besoin de mettre en oeuvre le collectif». L’eurodéputé rappelle qu’il a lancé un appel samedi au PS et au MoDem pour trouver des «réponses conjointes» à la crise actuelle.

L’initiative de Jean-Luc Mélenchon ne recueille pas par ailleurs tous les suffrages dans son propre camp. André Chassaigne, porte-parole du groupe Front de gauche à l’Assemblée, a ainsi indiqué ce lundi sur France Inter qu’il n’était «pas sûr» de faire partir du cortège du 5 mai. «Tout dépendra de la préparation collective de cette manifestation. Si elle porte véritablement des solutions (...) politiques. Si elle sert à rassembler, pas à cliver», a-t-il développé.