Visé par la rumeur, Laurent Fabius dément avoir un compte en Suisse

POLÉMIQUE e ministre des Affaires étrangères compte engager «des procédures juridiques» à l'encontre de «Libération», qui évoque ce lundi l'existence de ce compte en banque...

M.P.

— 

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, en interview dans son bureau du Quai d'Orsay, le 19 février 2013.
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, en interview dans son bureau du Quai d'Orsay, le 19 février 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Un démenti qui relaie la rumeur plus qu'il ne l'éteint. Tard dimanche soir, Laurent Fabius a «démenti formellement» auprès de l’AFP détenir un quelconque compte en Suisse, une «rumeur relayée par Libération» dans son édition de lundi, consultable en ligne dès le dimanche soir.

«Je démens formellement la rumeur, relayée par Libération dans son édition du lundi 8 avril, m'attribuant un compte en Suisse. Elle ne repose sur aucun élément matériel et est dénuée de tout fondement», écrit le ministre des Affaires étrangères, ajoutant avoir mandaté son avocat «pour qu'il engage les procédures juridiques permettant de le démontrer et de faire cesser la diffusion de ces informations fausses et calomnieuses».

Mediapart en colère

Libération, qui titre en une «Affaire Cahuzac, le cauchemar continue», évoque ce lundi «une possible affaire Fabius [qui] tétanise l’Elysée», évoquant «une piste explorée par Mediapart», alors même que le site en ligne n’a rien publié pour le moment. «Mediapart aurait en sa possession les preuves que Laurent Fabius détient un ou plusieurs comptes en Suisse», dévoile le quotidien, qui souligne qu’Edwy Plenel, le patron de Mediapart, assure depuis plusieurs jours que son média va réveler «un scandale républicain». «Info, intox. Nul ne sait», commente le journal, sans apporter d'élément, se contentant de relayer cette rumeur qui «galope sur les réseaux sociaux».

Libération précise toutefois que Fabrice Arfi, auteur de l'enquête qui a fait tomber Cahuzac, a rencontré Laurent Fabius samedi matin pour une première confrontation. Contacté par Liberation, Fabrice Arfi a simplement déclaré: «Il n'existe à Mediapart que ce qui est publié sur notre site».

Critiqué, «Libération» se justifie

Mais sur Twitter, les journalistes du site expriment leur colère, ou leur incompréhension de voir un journal relayer une rumeur et dévoiler dans le même coup  une enquête en cours.

Sur Europe 1 ce lundi matin, Edwy Plenel a critiqué plus frontalement encore le quotidien de gauche pour son choix de sujet. «Ce ne sont que des rumeurs, l’ennemi du journalisme. Ce ne sont que des commérages, l’ennemi de la démocratie. Et donc, attention. Ce zèle des ouvriers de la 11e heure, dans le moment dramatique, d’interrogations sur notre démocratie, est pour moi catastrophique», a-t-il asséné.

Critiqué ce lundi matin pour avoir choisi d'exposer en une ce qui n'est pour l'instant qu'une rumeur, Libération s'est justifié  par la voix de son rédacteur en chef adjoint, Sylvain Bourmeau, sur LCI: «Nous avons fait cette une non pas sur une rumeur mais sur un démenti car une rumeur n'est pas une information. Son avocat a pris l'initiative d'appeler Libération pour démentir la rumeur».