Relative mansuétude des Français sur la gestion de l'affaire Cahuzac

POLITIQUE Ils sont à 53% mécontents de la gestion de cette affaire, pour 45% de satisfaits, selon un sondage...

A.-L.B. avec Reuters

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Jérôme Cahuzac en visite à Bordeaux en février 2013.
Jérôme Cahuzac en visite à Bordeaux en février 2013. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les Français relativement indulgents par rapport à la gestion, par l'exécutif, de l'affaire Jérôme Cahuzac, du nom du ministre qui a avoué avoir fraudé le fisc en cachant un compte bancaire à l'étranger. Si 53% des Français sont mécontents de la manière dont François Hollande et le gouvernement gèrent cette affaire, selon un sondage BVA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France et i>TELE publié jeudi, ils sont 45% à en être satisfaits.

Ils sont par ailleurs 57% à estimer que les aveux de l'ancien ministre du Budget sur la détention d'un compte bancaire à l'étranger dégradent l'image qu'ils ont du gouvernement.

«Cynisme» des Français

«C'est une majorité, certes, mais c'est finalement assez peu au regard des commentaires apocalyptiques que l'on a entendus depuis 48 heures», souligne Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA. «Le principal facteur d'explication à cette apparente (et relative) mansuétude des Français réside dans le cynisme de nos concitoyens», relève Gaël Sliman.

«Convaincus que la corruption de la classe politique est 'généralisée', les Français ne font pas de l'honnêteté d'un homme politique une vertu cardinale. Cette qualité est à leurs yeux deux fois moins importante que la compétence».

Mesures annoncées par Hollande

Par ailleurs, plus de sept Français sur dix se déclarent satisfaits des mesures annoncées par François Hollande après les aveux de son ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac sur la détention d'un compte bancaire à l'étranger, selon un sondage Tilder-LCI-OpinionWay publié jeudi.

Le chef de l'Etat a annoncé mercredi un renforcement de l'indépendance de la justice, une lutte «impitoyable» contre les conflits entre les intérêts publics et les intérêts privés et a promis l'inéligibilité des élus condamnés pour fraude fiscale ou corruption.

Ce sondage a été réalisé par internet les 3 et 4 avril auprès d'un échantillon de 986 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.