Prudence des politiques face à un éventuel non-lieu pour Sarkozy

Avec Reuters

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La classe politique fait preuve de prudence ce vendredi après des informations de presse indiquant que le procureur de la République de Bordeaux envisagerait de requérir un non-lieu à l'égard de Nicolas Sarkozy dans le cadre de l'affaire Bettencourt. «C'est une bonne nouvelle qui pour moi me semble logique dans le cadre de cette procédure judiciaire, qui n'est pas arrivée à son terme», a dit l'ancienne ministre UMP, Nadine Morano, sur BFM TV. «Quand vous voyez le chef d'accusation de cette mise en examen qui nous a paru tellement grotesque évidemment ça serait un soulagement dans cette affaire mais il faut laisser la justice faire son travail.»

Même prudence observée par l'ancienne ministre UMP de la Justice, Rachida Dati, invitée sur BFM TV-RMC: «Ça arrive, c'est l'état de droit tant mieux. Je ne vais pas commenter une information de presse que je ne connais pas. C'est la procédure qui veut ça.» Pour Patrick Balkany, député UMP des Hauts-de-Seine, cette décision, si elle était confirmée, est le signe que le procureur estime qu'il n'y a «pas de raison de mettre en examen Nicolas Sarkozy et de le renvoyer devant un tribunal». «C'est effectivement quelque chose de très important, c'est ce que nous avions toujours dit que leur dossier était vide», a-t-il dit sur BFM TV.

Pas pour autant «sorti de ses difficultés»

Si la réquisition du non-lieu est confirmée par le parquet et suivie par les juges, Nicolas Sarkozy n'est pas pour autant «sorti de ses difficultés», a estimé la présidente du FN, Marine Le Pen. «Dans l'affaire Bettencourt, il y a l'abus de faiblesse mais aussi le financement illégal de la campagne, il y a l'affaire Karachi, et l'affaire Tapie qui arrive», a-t-elle dit sur Radio Classique.

A gauche, Jean Luc Mélenchon, a jugé pour sa part que rien n'était fait. «J'en déduis que le parquet doit avoir ses raisons, le parquet est lié au ministère de la Justice», a-t-il dit sur France info. «Je n'imagine pas Mme Taubira donner des consignes personnelles, donc le magistrat a l'air de prendre sa décision sur ses bases à lui. Rien n'est fait, il s'agit juste d'un rapport donc attendons la suite.»