Affaire Cahuzac: L'exécutif exclut tout remaniement

POLITIQUE A droite comme à gauche, de nombreuses voix demandent un nouveau gouvernement...

Matthieu Goar

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Chacun de leur côté, François Hollande, en voyage au Maroc, et Jean-Marc Ayrault, à Paris, ont résisté aux pressions.
Chacun de leur côté, François Hollande, en voyage au Maroc, et Jean-Marc Ayrault, à Paris, ont résisté aux pressions. — R. de la Mauviniere / AP / SIPA

Retour sur le terrain. Loin de la fournaise du microcosme en fusion, Jean-Marc Ayrault a visité un centre d'hébergement d'urgence dans le 19e arrondissement de Paris, jeudi. «Be strong ! (Soyez fort !) Beaucoup de gens croient en vous», lui lance Mohamed, un résident qui lui serre la main. Ballotté par les turbulences de l'affaire Cahuzac, le Premier ministre apprécie le compliment.

Cette semaine, les gentillesses se font rares. Jeudi, de nombreuses voix ont relancé l'idée d'un électrochoc politique pour sortir de la crise. «Il faudra bien sûr se poser la question – peut-être pas à chaud – d'une autre donne», a ainsi déclaré la candidate PS à la Mairie de Paris Anne Hidalgo au sujet de la possibilité d'un remaniement. A la fin de sa visite, Ayrault a balayé cette solution. «Travaillons à ce que nous avons à faire avant de spéculer», a-t-il estimé.

«Exaspération»

De même, François Hollande, qui vient de rentrer du Maroc, a écarté jeudi l'hypothèse d'un remaniement gouvernemental, estimant que la faute «individuelle» de l'ex-ministre du Budget ne mettait pas en cause le fonctionnement du gouvernement.

Pourtant les pressions se font de plus en plus fortes. De la part de la droite, qui réclame le scalp de Pierre Moscovici, ministre de tutelle de Cahuzac, ou encore de l'extrême droite, qui agite l'idée d'une dissolution. Mais aussi de la part des députés de gauche, nombreux à réclamer un coup de balai pour constituer une équipe resserrée en ne «gardant que les meilleurs», selon un parlementaire croisé à l'Assemblée nationale. «Il y a une exaspération de leur part, estime François Kalfon. Mais est-ce que le pic de la crise est le bon moment pour jouer aux pyromanes. Cela donnera plus aux gens l'impression d'un écran de fumée qui ne changera rien à leur quotidien», poursuit le député socialiste.