Le Front de gauche se bat seul contre le texte emploi

Avec Reuters

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Le Front de gauche se bat seul contre le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, dont les députés français ont poursuivi jeudi l'examen dans l'indifférence générale, tous les projecteurs étant braqués sur l'affaire Cahuzac. Ce projet de loi, qui prévoit notamment que les entreprises puissent négocier des baisses de salaires en échange d'un maintien des effectifs, transpose l'accord national interprofessionnel (ANI) conclu le 11 janvier entre le patronat et trois syndicats, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGE, la CGT et Force Ouvrière refusant de le signer.

Le communiste André Chassaigne, président du groupe Front de gauche, estime que «les Français doivent être informés des régressions qui se trament dans ce texte avec l'aval du gouvernement, de la majorité, de la droite et du Medef».

«Régressions qui se trament»

Aussi son groupe a-t-il décidé de défendre un par un ses quelque 5.000 amendements, dont il restait 4.000 à examiner jeudi après-midi, de demander des scrutins sur chacun d'eux, de demander des suspensions de séance, afin de retarder les débats. Le ministre du Travail, Michel Sapin, défend lui aussi pied à pied son projet «l'un des textes qui laissent leur empreinte dans une législature».

Le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure accélérée, une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera ensuite convoquée afin de mettre au point un texte commun aux deux assemblées, l'objectif de l'exécutif étant de voir s'appliquer cet accord dès la mi-mai.