Remanier, changer de Premier ministre, voire dissoudre: Les options de Hollande

POLITIQUE Le Président Hollande dispose de plusieurs leviers pour tenter de provoquer un électrochoc et mettre fin à la crise politique actuelle...

avec AFP

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Remanier, changer de Premier ministre, voire dissoudre l'Assemblée nationale ou organiser un référendum: François Hollande dispose de plusieurs leviers pour tenter de provoquer un électrochoc et mettre fin à la crise politique actuelle.
Remanier, changer de Premier ministre, voire dissoudre l'Assemblée nationale ou organiser un référendum: François Hollande dispose de plusieurs leviers pour tenter de provoquer un électrochoc et mettre fin à la crise politique actuelle. — Bertrand Langlois AFP

Remanier, changer de Premier ministre, voire dissoudre l'Assemblée nationale ou organiser un référendum: François Hollande dispose de plusieurs leviers pour tenter de provoquer un électrochoc et mettre fin à la crise politique actuelle.

Remanier

«Un gouvernement, ça se modifie toujours un jour ou l'autre mais ce moment ne paraît pas venu», assurait-on mercredi à Matignon. Pourtant, deux semaines après la démission de Jérôme Cahuzac et son remplacement par Bernard Cazeneuve au Budget, l'idée d'un remaniement en profondeur fait son chemin dans la majorité, y compris auprès de certains ministres.

Pléthorique, auteur de couacs à répétition, l'équipe de Jean-Marc Ayrault est sous le feu des critiques depuis dix mois, à part quelques bons élèves comme Manuel Valls (Intérieur), Michel Sapin (Travail) ou Jean-Yves Le Drian (Défense).

>> Tous les événements de la journée sur l'affaire Cahuzac

«Il faudrait une équipe resserrée, avec une douzaine de ministres en moins», confie un des dirigeants de la majorité. Un député PS de premier plan juge quant à lui «inévitable» la formation "à «très court terme» d'une nouvelle équipe autour de Jean-Marc Ayrault.

Pris dans la tourmente Cahuzac, Bercy serait concerné au premier chef. Pierre Moscovici, ministre de l'Economie accusé par l'opposition de «complaisance» à l'égard de l'ancien titulaire du Budget, Arnaud Montebourg (Redressement productif), en raison de ses heurts répétés avec le Premier ministre, et Marylise Lebranchu (Fonction publique), fragilisée par l'échec de sa réforme sur la décentralisation, auraient du souci à se faire, d'après plusieurs sources.

Le chef de l'Etat pourrait toutefois attendre quelques semaines, au moins la fin de l'examen par le Parlement du texte sur l'emploi porté par Michel Sapin (Travail), un des favoris pour éventuellement rejoindre Bercy. Et puis il ne faut pas «donner l'impression d'agir sous la pression», conseille un sénateur socialiste.

Changer de Premier ministre

Concentré sur sa tâche, Jean-Marc Ayrault est plombé, comme le chef de l'Etat, par une impopularité grandissante. Plus inquiétant, l'autorité du Premier ministre, qui a remanié vendredi son équipe de communication, a encore été mise à mal ces derniers jours.

Il a en effet reconnu que M. Montebourg avait vertement critiqué le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et l'avait accusé de gérer la France «comme le conseil municipal de Nantes» sans que le ministre perde sa place. Jeudi, M. Valls, s'est permis de dire qu'à la place du chef du gouvernement, il aurait «sans doute» viré Arnaud Montebourg.

Le remplacement à ce stade de Jean-Marc Ayrault est toutefois exclu par des membres du gouvernement ou de la majorité. M. Hollande serait plutôt tenté d'user son Premier ministre, au moins jusqu'aux municipales de 2014. D'autant que les éventuels remplaçants ne sont pas légion. Martine Aubry, maire de Lille, reste en effet mise en examen dans une affaire d'amiante et n'a pas de relations de confiance avec François Hollande. Le nom de Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), est parfois cité, sans qu'il paraisse avoir les relais parlementaires suffisants pour devenir le chef de la majorité.

Dissoudre ou organiser un référendum

Dans la situation actuelle, de «crise politique et morale dans une crise économique majeure», l'ex-Premier ministre (UMP) Jean-Pierre Raffarin a cité ces deux options dans «la boîte à outils institutionnelle» dont dispose le président. Depuis la dissolution ratée de 1997, qui a entraîné la seconde cohabitation, il semble peu probable qu'un chef de l'Etat s'aventure de nouveau dans cette voie. Surtout lorsqu'il dispose, comme François Hollande, de la majorité absolue à l'Assemblée.

Un référendum paraît aussi peu envisageable. «Les électeurs seraient tentés de sanctionner à tout prix le pouvoir en place et puis on poserait quelle question?», soupire un parlementaire de la majorité.