Enquête sur les sondages de l'Elysée: Perquisition chez Patrick Buisson

JUSTICE Une perquisition a eu lieu ce jeudi matin au domicile de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy...

Vincent Vantighem

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Patrick Buisson, en juin 2009.
Patrick Buisson, en juin 2009. — IAFRATE PATRICK/SIPA

Ils sont arrivés vers 9h. Accompagné des enquêteurs spécialisés de la rue du Château-des-rentiers, le juge d'instruction en charge de l'enquête sur les sondages de l'Elysée était, ce jeudi matin, en train de perquisitionner le domicile de Patrick Buisson, a indiqué une source policière à 20 Minutes. Selon nos informations, les enquêteurs devraient se rendre ensuite au siège de TF1, où l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy dispose d'un bureau pour poursuivre la perquisition.

Trois cents enquêtes d'opinion commandées sans appel d'offres?

«Les policiers sont en nombre, a confié à 20 Minutes une source policière. Patrick Buisson devrait ensuite les accompagner à son bureau à la tour de TF1.» Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson est visé par l'enquête des sondages de l'Elysée. Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, plus de 300 enquêtes d'opinion auraient été commandées auprès de la société Publifact, dirigée par Patrick Buisson, sans avoir fait l'objet d'un appel d'offres.

Le travail de l'association Anticor

Dans cette affaire, l'association Anticor -qui lutte contre la corruption- avait saisi le juge d'instruction après la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle afin qu'il relance les investigations. La justice avait en effet suspendu son enquête en raison de l'immunité du chef de l'Etat. Dans son combat, l'association Anticor s'appuie sur le travail de Raymond Avrillier. Elu écologiste de Grenoble (Isère), ce membre de l’association s’est battu pendant des années pour obtenir des informations sur les sondages commandés par l’Elysée entre 2007 et 2012. «Il m’en manque encore une partie, confiait-t-il en juillet 2012 à 20 Minutes. Mais je sais déjà que l’Elysée a fait réaliser plus de 300 enquêtes d’opinion pour un montant au moins égal à 9,4 millions d’euros.»

Que pensez-vous du mariage avec Carla?

Le problème donc, c’est que plusieurs enquêtes auraient été commandées auprès de la société Publifact, dirigée par Patrick Buisson, qui conseillait également Nicolas Sarkozy. En 2009, la Cour des comptes avait même dénoncé la pratique, le contrat avec Publifact ayant été conclu sans appel d’offres. «Et puis, poursuit Raymond Avrillier, certains sondages n’avaient rien à voir avec la fonction de chef de l’Etat de Sarkozy.» Plutôt avec celle de candidat à la présidentielle. Dans la pile de documents qu’il s’est procurée, l’élu a été surpris de découvrir un sondage sur la perception qu’ont les Français du mariage Sarkozy-Bruni et même un autre sur la candidature potentielle de DSK. «Le délit de favoritisme est flagrant!» conclut Raymond Avrillier.