Affaire Cahuzac: L'exécutif face au temps des questions

POLITIQUE Au lendemain des aveux de Jérôme Cahuzac...

Matthieu Goar

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François Hollande, le 21 mars 2013, à Alfortville.
François Hollande, le 21 mars 2013, à Alfortville. — LEMOUTON-POOL/SIPA

Faillite d'un homme ou affaire d’Etat? Au lendemain des aveux, la planète politique cherche des réponses. A la manœuvre à l’Assemblée, l’opposition attaque, ironique, le sommet de l’Etat. «Un site Internet en aurait su plus que le chef de l’Etat? Allons…», lance le député de Paris Claude Goasguen (UMP) qui comme nombre de ses collègues a réclamé la démission de Pierre Moscovici, ministre tutélaire de Jérôme Cahuzac.

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Pour politiser encore plus l’affaire, l’UDI a confirmé qu’elle demandait la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire «sur le rôle de l’exécutif». «Quel a été leur comortement dans cette affaire? Quelles sont les vérifications qu’ils ont faites? Hollande veut une République exemplaire, nous avons droit de lui demander cette clarté», déclare le député Jean-Christophe Lagarde (UDI), prêt à interroger tous les acteurs de cette affaire «journalistes, ministres et pourquoi pas le président de la République».

Les éléments qui brouillent la communication

Hollande, qui s’est dit «trompé» mercredi, pouvait-il savoir que son ministre du Budget lui mentait? Mercredi, plusieurs éléments sont venus embrouiller la communication présidentielle. Le magazine Le Point a annoncé qu’il devrait révéler l’existence d’une note blanche [note des renseignements] sur le sérieux des révélations de Mediapart. Une note qui aurait été transmise à Hollande en décembre. «Il n’y a eu aucune note, dément un membre de la garde rapprochée. A ce moment-là, la justice avait commencé son travail. Au nom de la séparation du pouvoir, il était hors de question de s’en mêler ou de mobiliser des officines obscures.»

Devant toutes les télés, Michel Gonelle, l’auteur de l’enregistrement a lui répété qu’il avait contacté l’Elysée le 15 décembre. «Un coup de fil confus et chaotique. Le directeur de cabinet adjoint du président lui a dit de contacter la justice», explique cette source. Quitte à subir le procès en incompétence de l’opposition, l’Elysée assume de ne pas avoir su, au nom d’une République irréprochable. «On ne peut pas demander au président de tout savoir tout en laissant la justice travailler sereinement», conclut le député Yann Galut (PS)